CONFERENCES A TOURRETTES CYCLE 2019-2020

Octobre, Novembre, Décembre 2019

Les Mercredis, 18 h 00, Salle des Romarins

 

 

09 octobre 2019

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

 

CARNET DE VOYAGE

ARMENIE ETERNELLE, LA MEMOIRE D’UN PEUPLE.

Il est difficile de décliner l’histoire complexe du peuple arménien sans en faire une relation réductrice mais pourtant inévitable.

Berceau des civilisations indo-européennes et du christianisme depuis 301, elle est considérée partie de l’Europe sur le plan de l’histoire et de la culture et comme l’une des plus anciennes civilisations au monde dont le territoire n’est plus qu’un dixième de l’Arménie historique.

 

 

06 novembre  2019

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

 

ZITA, REINE DE HONGRIE

DERNIERE IMPERATRICE D’AUTRICHE

L’ultime exil.

Le 14 mars 1989, à Zizers, en Suisse, s’éteignait la dernière impératrice d’Autriche, reine de Hongrie et de Bohême, au terme d’une vie exemplaire d’abnégation et de fidélité. Elle vécut deux conflits mondiaux, l’exil, l’oubli, l’errance et la chute d’un empire vieux de 700 ans. Sur le chemin de sa dernière demeure dans la crypte des Capucins à Vienne, 150 000 personnes lui rendirent un ultime hommage.

 

20 novembre 2019

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

 

 

CARNET DE VOYAGE

VISAGES DE JORDANIE, SUR LES PAS DES NABATEENS

Entre les sites bibliques de la Mer Morte et de la Mer Rouge envahis par les sables du désert, se superposent les strates de nombreuses civilisations et leurs splendides vestiges, parmi les plus importants du Moyen Orient.

Dix mille ans avant notre ère, l’homme nomade se fixa dans la vallée du Jourdain, cultivant le blé, l’orge, domestiquant la chèvre, le mouton et le porc. Ainsi naquirent les racines d’une nation.

 

 

04 décembre 2019

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

 

 

DE JEROME BOSCH A PIETER BRUEGEL

LES IMPENSABLES CONFRONTATIONS DU RELIGIEUX ET DU FANTASMAGORIQUE.

Avec son goût profond pour les diableries, sa verve mystique, ses visions infernales et scènes d’apocalypse, Jérôme Bosch exprime ce besoin très hollandais de recourir à la nature pour situer ses sujets. Son vocabulaire pictural prend au pied de la lettre les dictons populaires en les donnant à voir et non plus à lire ! Sa verve fantaisiste est largement reprise et exploitée par Bruegel l’Ancien avec un sens supérieur du réalisme des sujets et une nature moralisatrice qui s’accordent à ces temps de luttes religieuses.

 

 

18 décembre  2019

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

 

 

LE RUBIS PARURE ROYALE

« FLEUVE DIVIN DU PARADIS TERRESTRE ».

L’excellence de la Haute Joaillerie française

La collection des joyaux de la couronne possédait une des plus fabuleuses parures de rubis au monde. Le lien étroit de cette pierre avec la France fut semble-t-il établi au 14ème siècle par la reine Clémence de Hongrie. Ainsi, de l’engouement pour cette précieuse gemme rouge venue des mines de Golconde, est née la longue tradition d’excellence da la Haute Joaillerie française.

 

 

www.tourrettesheritage.fr

statues proto-turques

Dolganes, éleveurs de rennes

enfants nénetses

homme nganassane

Avec les peuples de Sibérie

par Boris Chichlo

 

 

Avec ses 13 millions de km 2, la Sibérie occupe deux tiers du territoire de la Fédération de Russie.  Dans cette région sont concentrées les richesses essentielles du pays : gaz, pétrole, minerais divers (dont or et diamants), forêts, eau des fleuves et des lacs… Mais cet  immense  espace est toujours très peu peuplé : sa population n’atteint même celle de la France alors que sa superficie égale vingt fois celle de notre pays. 

La colonisation de la Sibérie a commencé au temps d’Ivan IV « le Terrible », un siècle plus tard que celle des Amériques. Aujourd’hui, parmi ses 36 millions d’habitants venus de toutes les parties de l’ex-URSS, les peuples autochtones - les descendants de ceux qui ont affronté les colons russes de l’époque - ne constituent que 4,5% de la population totale. Ce sont principalement : les Yakoutes (Sakhas), Bouriats, Touvins, Altaïens, Khakasses... Les deux premiers constituent les unités ethniques les plus importantes, avec chacun près de 500 000 individus.  Le berceau des ancêtres de tous ces peuples turco-mongols  se situe dans la Sibérie méridionale, entre le mont Altaï  et le lac Baïkal. C’est une zone d’anciennes cultures très développées, dont les vestiges sont parvenus jusqu’à nos jours : stèles gravées de sujets mythiques,  gigantesques  sépultures (kourganes) de puissants  chefs nomades, inscriptions en langue proto-turque, innombrables panneaux d’art rupestre, énigmatiques sculptures érigées tout au long des « couloirs » steppiques…

C’est pour étudier ces sculptures qui, à l’époque, donnaient lieu à de très vives discussions chez les archéologues, que j’ai séjourné en 1965 dans l’actuelle République Tyva (plus connue sous le nom russifié de Touva). Cette République n’intègre l’Union soviétique que fort tard : vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Le mode de vie de sa population était conditionné par l’élevage du bétail selon un système de transhumance très proche de celui des voisins de Mongolie.  Aujourd’hui, Touva est connue du reste du monde grâce à deux « phénomènes culturels » bien particuliers : le renouveau du chamanisme et l’art du chant diphonique  (chant de gorge), mais surtout son héros national actuel, Sergueï Choïgou, le Ministre de la Défense qui aime à convier son ami Vladimir Poutine à des parties de pêche et de chasse dans son pays natal. Ces visites du puissant président n’en n’ont pas pour autant amélioré la situation de cette république sibérienne, et Touva reste toujours la région la plus pauvre de la Fédération de Russie.

Les autochtones sibériens numériquement le plus importants sont les Bouriates, qui parlent une langue  mongole, et les Yakoutes (Sakhalar), turcophones de l’Arctique. Chacun de ces peuples compte près de 500 000 personnes. Avec son territoire de trois millions de km(presque six fois le territoire de la France), la République Sakha (Yakoutie) ne compte même pas un million d’habitants, et presque un tiers d’entre eux еst concentré dans la capitale, Yakoutsk, fondée en 1632 sur le bord du fleuve Léna par un cosaque russe. La Yakoutie fournit à la Fédération de Russie plus de 90% de sa production de diamants (qui équivaut à un quart de la production mondiale) ; elle possède aussi du gaz, du pétrole et de l’or. Cela n’empêche pas que la surface totale des logements insalubres de cette République soit supérieure à un million de m2, et que 20% de la population y vive au-dessous du seuil de pauvreté (données officielles de début 2019).

Une autre catégorie de ces peuples sibériens, connue généralement sous l’appellation de «petits peuples du Grand Nord» (malye narody severa, en russe), regroupe des ethnies ne dépassant pas chacune cinquante milles individus. La Perestroïka gorbatchévienne ayant réveillé les consciences nationales, cette terminologie - jugée péjorative - a été abandonnée au profit d’une expression censée être plus objective : «  peuples à faibles effectifs » (malotchislennye narody), qui articule avant tout l’importance numérique (quantitative et non qualitative) de ces groupes ethniques par rapport aux autres. Parmi ces peuples, ce sont les Nénetses, éleveurs de rennes de la toundra arctique, qui sont numériquement les plus représentatifs avec un peu plus de 40 000 personnes. Par contre, leurs voisins Énetses, qui leur sont très proches  linguistiquement et culturellement, ne comptent que 200 individus, parmi lesquels une dizaine seulement pratiquent leur langue. C’est dans une de ces communautés énetses dont je connaissais le chef, qu’a été tourné le film « La vie à l'extrême (Sibérie) » d’Ushuaia nature,auquel j’ai participé.

En Sibérie, les langues de toutes les minorités sont menacées de disparition. Chez les Youkaguirs, les Kets, les Selkoups, les Tofalars, les Ouïltas et autres peuples оn compte déjà sur les doigts ceux qui parlent encore leur langue ancestrale. En 1991, dans un village de la Tchoukotka, j’ai pu enregistrer un conte populaire récité en sirenik par Valentina Vyïé, la dernière locutrice de cette langue. Avec le décès de cette femme (1918-1997), c’est la vieille langue des Esquimaux sibériens (Yuit), enracinée dans la préhistoire, qui a disparu de l’héritage de l’Humanité.

Selon la législation, ces peuples minoritaires de Sibérie sont censés être protégés par des lois. En réalité, celles-ci sont loin d’être appliquées concrètement. Prises au début de la Pérestroïka, elles ont pour beaucoup subi de nombreux amendements qui les ont vidées de leur sens originel. Après être passés par les étapes de la colonisation et de la soviétisation, les peuples autochtones de Sibérie vivent aujourd’hui un moment décisif de leur existence : l’exploitation excessive des richesses de leur sous-sol (gaz, pétrole, charbon et divers métaux), de leurs forêts (bois) et même de ce joyau qu’est leur lac Baïkal dont il est prévu de commercialiser l’eau destinée à être acheminée par aqueduc jusqu’en Chine.

Il faut être clair : l’état de la culture et de la santé des peuples sibériens est étroitement lié à l’état et la santé de leur milieu naturel. Or, on sait maintenant que dans ces régions septentrionales, les transformations environnementales que subit la planète sont plus rapides que partout ailleurs. Une constatation qui laisse donc mal augurer de leur avenir.

 

 Conférence du 10 avril 2019

 

 

Baleine et garçon tchouktche

Femme bouriate

Femmes khakasses

Kaïtchi altaïene qui récite d’épopées.

Valentina Vyïé, femme yuite, avec laquelle la langue sirénik est éteinte.

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