VISITES GUIDÉES GRATUITES DU VILLAGE DE TOURRETTES

 Le mot du Président

Avec l’arrivée des vacanciers du mois de juillet, les visites guidées régulières du village vont se poursuivre pendant la saison d’été, chaque semaine, le mercredi.

A noter le changement d’horaire pour éviter les heures chaudes : départ de la visite à 10 h, place de la Mairie pour une durée d’une heure trente.

Nous avons décidé de répondre aussi aux demandes ponctuelles de visite les autres jours, pour les groupes constitués, sous réserve d’atteindre un minimum de huit participants. Ainsi, hors programmation régulière, nous avons reçus des visiteurs venus de toutes les régions de l’Hexagone mais également d’Australie, du Canada et des Pays-Bas.

L’association France-Allemagne de Nice a effectué une longue visite de notre village le 26 juin dernier, à la découverte des ruelles fleuries et des œuvres d’art du Musée à Ciel ouvert. Sous la conduite d’Elizabeth Duriez, ils ont découvert aussi le patrimoine intellectuel de Tourrettes avec un exposé sur la riche histoire de la famille de Villeneuve, sur les hommes célèbres comme le général polytechnicien Jacques Alexandre Fabre et l’américaniste Marius Alexis Aubin dont la renommée et la réputation respectives ont depuis longtemps franchi nos frontières nationales.

Le minimum de huit participants ne tient compte d’aucun souci de rentabilité, mais seulement du désir d’organiser et mieux gérer l’investissement en temps des bénévoles qui se consacrent à cette activité. En effet, avec un cycle de conférences très riche, aux thèmes très diversifiés, ces activités restent à peu près les seules en Pays de Fayence, voire les seules, proposées gratuitement à tous les résidents et visiteurs de plus en plus nombreux.

Je profite de l’occasion pour remercier chaleureusement, et tout particulièrement, Elizabeth Duriez pour son assiduité dans cette action, son dévouement, sa disponibilité et les qualités pédagogiques qu’elle met généreusement à la disposition de nos hôtes.

Souvenirs d’Arménie

"Un regard impérieux et plein de bonté, à la profondeur insondable"

 Réunis pour un périple du 15 au 23 mai 2018, nous avons découvert avec quelques amis  les mille visages d’un pays fascinant, riche en temps forts et en émotions. Des ruines de la cité ourartéenne de Zvartnots jusqu’au monastère de Sourp Ghégard (la Sainte-Lance qui perça le flanc du Christ), un deshauts lieux de la spiritualité, nous avons traversél’univers minéral des hauts plateaux arides, où les vallées profondes déchirent le sol de leurs cicatrices béantes et où les crêtes rocheuses acérées, en équilibre sur les versants vertigineux, éventrent le ciel.

Nous avons aussi découvert un peuple écartelé entre deuil et renaissance. Un peuple qui s’accroche à son histoire vieille de 3000 ans et à une terre minuscule et improbable perdue au milieu du Caucase.

 

Chère au cœur des arméniens, Erevan fut fondée huit siècles avant Jésus-Christ sur les ruines de la cité ourartéenne d’Erebouni. Elle est ainsila plus vieille cité au monde ayant pu documenter la date de son établissement. Yerevants : c’est apparu (cela s’est accompli) !  C’est en prononçant ce mot que Noé aurait pris pied sur la terre du Mont Ararat au troisième jour après la fin du Déluge,

Avec la cathédrale d’Etchmiadzine, siège de l’Eglise apostolique arménienne, une des premières églises chrétiennes au monde, le musée mémorial du génocide arménien constitue le premier temps fort du voyage et nous rappelle que ce pays est plus une identité qu’une entité géographique. Avant que n’ait été perpétré ce crime contre l’humanité, combien de peuples tentèrent de réduire cette nation ? Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Arabes, Seldjoukides, Ottomans et Russes ne purent jamais occulter la volonté opiniâtre de ces gens de préserver contre vents et marées leur culture et leur religion.

Ici le vent de l’Histoire raconte la mémoire occultée, la dispersion, l’exil, les structures détruites et les guerres perdues. Le mot « immuable » semble banni de ce sol, ou ne pourrait qualifier que cette volonté farouche d’exister, avec la douloureuse conscience qu’il n’y a pas dans les guerres d’autre vainqueur que la mort. Confronté à cette extraordinaire volonté de survivre, ces mots de l’écrivain William Saroyan me sont revenus en mémoire ; « Envoyez-les dans le désert. Laissez-les sans pain ni eau. Brûlez leurs maisons et leurs églises. Voyez alors s’ils ne riront pas de nouveau. Car il suffirait que deux d’entre eux se rencontrent, n’importe où dans le monde, pour qu’ils créent une nouvelle Arménie. » Arménie éternelle !

 

Le deuxième temps fort du voyage fut le récital de piano préparé avec la pianiste virtuose Arminé Soghomonian qui nous enchanta avec ses interprétations magistrales de Komitas, Chopin, Katchaturian et Rachmaninoff. Une très grande artiste rencontrée grâce à Dominique Genin, organisatrice d’un concert à quatre mains, dans la chapelle Saint Barthélémy de Montauroux, où Arminé s’était produite avec sa sœur Anaït, autre pianiste virtuose. Un autre grand moment d’émotion qui rappela que la musique est un art majeur, source de rassemblement collectif et de partage.

"le monastère de Tatev, nid d’aigle d’une beauté à couper le souffle à plus de 1500 mètres d’altitude"

Depuis la vallée fertile au pied du Mont Ararat jusqu’au lac Sevan, par des routes qui flirtent avec le ciel,  s’enchaînent les vues de cartes postales : les vignobles et les riches vergers où domine l’abricotier, les caravansérails imposants, les stèles médiévales de pierre rouge appelées « khatchkars », les églises érigées ou excavées de l’âge d’Or, les stupéfiants monastères et la symphonie minérale des ensembles mégalithique de pierres dressées de Zorats Karer !

Au monastère de Tatev, nid d’aigle d’une beauté à couper le souffle à plus de 1500 mètres d’altitude, prend place le troisième temps fort de ce voyage. Le paysage de montagnes verdoyantes parfois couvertes de neige est somptueux. Autrefois difficilement accessible, on y arrive aujourd’hui par le plus long téléphérique bi-câble du monde ! Le murmure des sources dans les gorges sauvages souligne le silence et la sérénité du lieu.

A notre arrivée, dans l’abside de l’église, un buisson ardent de cierges brasillait dans la pénombre, lourde des voiles épais de l’encens. Venu du ciel de l’autel, le rai lumineux qui la traversait me fit penser à ce rite antique des fumigations odoriférantes pour flatter les narines des dieux par les effluves traversant la fumée : per fumum, l’origine latine du mot parfum.

Dans l’obscurité, derrière la barrière du chœur, se tenait une silhouette noire coiffée du saghavart, dont la barbe encadrait un visage grave mais juvénile dans lequel brillaient deux aigues marines : les yeux du père Michel, le prêtre qui avait choisi de se consacrer à ce monastère. Et d’y vivre.

Un regard impérieux et plein de bonté, à la profondeur insondable. Un regard de passeur qui avait la couleur des profondeurs marine et du rai de lumière bleue traversant l’espace.

J’ai pensé à l’Annonciation du Prado, de Fra Angelico, dans laquelle l’éclair de lumière qui inonde la Vierge jaillit de la main de Dieu et irradie l’espace.

J’ai pensé à la volonté de ce peuple, à la force irrépressible de son attachement à sa foi.

J’ai pensé que pour que ce pays ne soit pas la sépulture de la mémoire, il fallait maintenant écrire son histoire. La vraie, celle qui écarte les mensonges de la raison d’état et le seul récit des vainqueurs.

 

Gérard Saccoccini

 

(les photos sont de Dominique Genin)

 

Anaït Soghomonian se produira en concert à Montauroux le 1er septembre 2018.

Un très beau livre : Erevan – Gilbert Sinoué – Flammarion (2009)

Un film d’archives : Mayrig d’Henri Verneuil (Achod Malakian) - 1991

 ( https://gloria.tv/video/72qgyM1veEhL2NFz9Zh8WkTyq )

 

  CONFERENCES A TOURRETTES

CYCLE 2018-2019

Octobre, Novembre, Décembre 2018

Les Mercredis, 18 h 00, Salle des Romarins

 

10  Octobre  2018

Christel Leleu-Ferro

Atelier Figures Vives à Tourrettes

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

REGARDS CROISES.

LA TRANSGRESSION MODIGLIANI

Dela sculpture au dessin et à la peinture, entre réalisme et expressionnisme, le parcours atypique du figuratifau… figuratif dévoile les pistes formelles d’un artiste maudit.

17  Octobre  2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

LES FRESQUES DE LA CHAPELLE BRANCACCI

A Florence, un jeune peintre inspiré, dessine l’aridité des collines toscanes et peuple la campagne de saints graves, aux visages rudes et burinés de paysans dépourvus de visions mystiques. Le génie de Masaccio construit «l’univers humainement habitable» dans l’espace perspectifdéfini par Filippo Brunelleschi, « l’architecte roi du monde ».

14 Novembre  2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

LE STATUT DE LA FEMME AU MOYEN-AGE

Dès le 11ème s. un modèle social nouveau voit le jour, alors que la population est majoritairement rurale. Dans cette société évolutive, il est difficile d’appréhender le statut, la place et le rôle des femmes car leur histoire a été écrite par des hommes et les informations les concernant sont fragmentaires et différentes selon le pays, le milieu et le lieu de vie.

21 Novembre 2018

Charles Tinelli

Conférencier en histoire de l’Art et des Sociétés, professeur de Littérature.

LE XVIII° SIECLE ET L’AMOUR

Si le sentiment prend une place de plus en plus importante au Siècle des Lumières, une certaine littérature, l’érotisme et le divorce par consentement mutuel témoignent d’un changement de société par le triomphe de l’insolence des intrigues libertines cyniques de Laclos et le subversif Figaro de Beaumarchais, grand pourfendeur de privilèges.

05 Décembre  2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

VAN GOGH. INQUIETUDE ET TENSION.

OU L’IRREALISME ET LA VIOLENCE DES COULEURS

Amoureux éperdu du jeu des couleurs, de leur valeur symbolique, de leur puissance émotive, sa peinture n’est qu’une réaction du cœur, brutale comme une pulsion.

19 Décembre 2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

GAUGUIN, L’INTERPRETATION DE L’IDEE

OU LE NOUVEL EVANGILE DE LA PEINTURE

L’œuvre imparti par les temps nouveaux était de rétablir la filiation originelle qui fait que de l’art classique le Symbolisme a appris la nécessité de soumettre la forme au contrôle de la raison.

 

 

Voir l'onglet "Revue d' Événements" sous-onglet "Conférences"

pour le résumé illustré de toutes les conférences 

du cycle 2017/1018

et du cycle 2016/2017

mariage de Louis IX et Marguerite de Provence (27 mai 1234)

LE FABULEUX DESTIN DES PETITES FILLES D’ARAGON

Gérard Saccoccini

 

Il était une fois… (et oui, ceci est un conte, pas une légende) !

Donc, il était une fois quatre gracieuses et belles petites filles, venues au monde dans un pays de lumière, entre Durance, Rhône, Méditerranée et comté de Savoie.

Leur père, Raimon Bérenger, descendant de la maison royale d’Aragon, était le fils du comte de Provence Alphonse II. Il avait beaucoup guerroyé pour préserver son héritage des terres de Provence auxquelles venait d’être rattaché le comté de Forcalquier apporté par sa mère, Gersende de Sabran, dans sa corbeille de mariage.

Triste de n’avoir jamais eu de garçon, il adorait néanmoins ses filles et leur maman, Béatrix, fille du puissant et inquiétant voisin : le comte de Savoie. Les états de ce dernier couvraient les Alpes, comme un manteau jeté sur les deux versants, englobant les terres du Viennois savoyard aux portes de Lyon jusqu’au Sud-Est des terres du Dauphiné.

Nous sommes au 13ème siècle. Tout le pays de l’ouest rhodanien, d’Avignon aux Pyrénées et à Toulouse, est ravagé par la tragédie cathare et les luttes qui opposent occitans (hérétiques ou non) aux envahisseurs venus du Nord, barons germaniques et « Franchimands » de la Croisade des Albigeois.

Les petites filles passent leur temps entre les résidences de Forcalquier, Brignoles et Aix en Provence. Dans ce pays gorgé de soleil où sur le sang de la terre ruisselle l’or des champs de blé, déclinant les couleurs du drapeau de la maison d’Aragon et des seigneuries catalanes, où la violence mauve des lavandes sublime l’éclatante blancheur des falaises et compose la vibrante symphonie des garrigues bleues, les fillettes insouciantes et joyeuses ignorent tout des voies impénétrables que la fée « Destinée », penchée sur leur berceau, a tracé dès leur naissance.

Ce territoire n’a pas d’héritier mâle. Il est l’objet de toutes les convoitises des voisins proches ou éloignés : Anglais, Français, Savoyards et même de l’ « Aigle souabe » : Frédéric de Hohenstaufen, souverain tutélaire, car la suzeraineté du Saint Empire romain germanique s’étend jusqu’au Rhône !

Mais la fée veille et l’homme providentiel n’est pas loin. Appartenant à une noble famille catalane de haut lignage, descendant de Ramon de Vilanova (en français Villeneuve), homme lige du roi d’Aragon Alphonse le Batailleur, cet homme venu de Rome où il s’est longuement entretenu avec le pape est le conseiller du comte Raimon Bérenger. En référence à son pèlerinage dans la ville éternelle on l’appelle Romeu (en français Romée) et il va s’attacher à préserver l’intégrité des Terres de Provence. Pour cela, il déploie toute son énergie, sa clairvoyance visionnaire, et son sens extraordinaire de la diplomatie pour concrétiser un incroyable maillage d’alliances de nature à protéger le domaine comtal par une habile politique de mariages.

Marguerite, l’aînée, épousera Louis IX (Saint-Louis) et deviendra reine de France.

Aliénor, sa cadette, épousera Henri III Plantagenêt et sera « reine consort » d’Angleterre.

Sancie, la troisième, épousera Richard de Cornouailles qui sera élu « roi des Romains ».

Quant à la dernière, Béatrix, elle sera mariée en 1246 au frère de Saint Louis, Charles 1er d’Anjou et deviendra reine de Sicile.

En exhibant une loi catalane qui interdisait à l’époux de briguer l’héritage patrimonial de l’épouse, au motif que la dot apportée par sa famille l’excluait de la succession, l’habile Romée de Villeneuve avait su préserver l’entité territoriale du comté de Provence et de Forcalquier.

Ainsi se réalisa le fabuleux destins des « petites filles d’Aragon », toutes devenues reines !

TITI LE BOUVREUIL

Gérard Saccoccini

 

Cette histoire est une histoire vraie.

Elle est arrivée pendant cet hiver déconcertant de froidure et de pluie qui s’était abattu sur notre village.

Un hiver déconcertant parce que de longues périodes de pluie étaient entrecoupées d’accalmies et d’une succession de hausses et de chutes brutales de température.

Un hiver déconcertant parce que la neige a soudain étendu son épais manteau de froidure et, pour les oiseaux surpris dans ce silence feutré, il n’y eut plus le moindre vermisseau, pas le moindre insecte à se mettre sous le bec. Toute la gent ailée, désorientée par cette inquiétante pénurie, sautillait de part et d’autre à la recherche d’une improbable pitance.

Un couple de bouvreuils s’était enhardi à venir jusqu’au seuil de notre maison, devant la baie vitrée donnant sur le jardin pour quémander quelques graines et quelques miettes de pain dont nous ne fûmes pas avares. Gourmands et insatiables, ils attendaient les petits morceaux de lards que nous accrochions sous des abris de fortunes pour les préserver des entreprises d’une armée de pies voraces et jacassantes. Le restaurant était bon car tous les matins, en ouvrant les volets, ils apparaissaient aussitôt qu’un peu de lumière perçait le ciel plombé.

Lorsque les frimas se dissipèrent et que réapparurent les rayons du soleil, ils continuèrent à fréquenter le parvis de la baie vitrée, ébouriffés et batailleurs, jouant sur l’escalier par petits bonds rapides et saccadés.

 

Puis vint le moment de cette perception indéfinissable et tenace qui annonce le renouveau ; les bruits ténus et les odeurs du printemps imminent avec le parfum du vent lavé par la pluie, les senteurs d’écorce mouillée, la vie qui s’éveille, la déchirure du bourgeon éclaté et le froissement des feuilles qui se déroulent.

Ce fut aussi le temps du grand nettoyage de printemps : fenêtres et baies vitrées consciencieusement lavées reflétaient le ciel et laissaient courir les nuages comme les laissent traverser les plans d’eau lisses et sans une ride des petits matins calmes.

Un jour où j’étais assis derrière la fenêtre, je perçus soudain un bruit mat, celui d’un fruit mûr qui tombe et s’écrase. Un des deux bouvreuils facétieux, trompé par les reflets du ciel, venait de percuter la baie vitrée. Il gisait inanimé au sol, agité de petits soubresauts sporadiques, sous le regard de son compagnon de jeux à la houppette de plumes hérissée, comme s’il fronçait les sourcils, incrédule.

Une perle de sang rouge comme une graine de grenade maculait son jabot. Un peu de duvet dans son bec me fit penser qu’il avait violemment heurté en vol le vitrage et qu’il s’était blessé avec son bec.

 

Nous l’avons recueilli, presque sans espoir, et déposé dans une boîte à chaussures tapissée d’ouate avec un petit peu de pain mouillé. Quelques heures plus tard il était revenu à lui et nous avons décidé de la garder toute la nuit à l’abri.

Nous l’avons appelé Titi le Bouvreuil !

Au petit matin, nous avons déposé la boîte sur l’appui de fenêtre et ôté le couvercle. Il lui a fallu beaucoup de temps pour réaliser puis, soudain, il s’est envolé vers le feuillage propice d’un lilas.

Nous étions heureux de cette fin heureuse qui nous avait permis de préserver la vie de cette petite boule de plumes tiède et palpitante.

 

Mais la fin de ce récit est incroyable et encore plus heureuse.

Le lendemain matin, Titi était là, devant la baie vitrée, attendant sans doute son « pain quotidien » mais j’aime penser qu’il était venu nous remercier.

C’était bien lui, j’en suis sûr parce que sur son jabot il y avait une petite perle de sang séché !