15 Juin 2021

 

                                   DES MILLIONS AU CIMETIÈRE?

 (De Tourrettes bien sûr!)

 

                                            Élizabeth Duriez

 

Cimetière, du latin coemeterium, vient du grec Koimeterion, lieu où l’on dort, lieu de sépulture….Dormir, car dans les principes religieux, on n’est pas proprement morts, mais l’on dort en attendant la résurrection générale.

 

Dans le monde antique,  il était interdit d’inhumer ou de brûler les cadavres à l’intérieur de la cité.

Plus tard, les Empereurs permettront l’inhumation intra muros; le cimetière étant un lieu sacré et inaliénable où « reposent » les morts.

 

Sous l’empire de Charlemagne, pour rompre définitivement avec la coutume païenne de la crémation des dépouilles, il est prescrit l’obligation de l’enterrement et l’interdiction jusqu’à une date récente (1964) de l’incinération. Les Chrétiens des premiers siècles ont une croyance aiguë en la proche résurrection d’un « corps glorieux ».

Donner une sépulture aux défunts avec l’idée que plus on est proche de Dieu, plus on est sous sa protection, amène à choisir de se faire inhumer dans, et autour de l’église. Pourtant les inhumations dans les églises furent interdites sauf pour les évêques, les abbés et parfois certaines corporations. Bien que ces interdits soient réitérés jusqu’à la fin du IXe siècle, l’usage d’enterrer dans l’église se fait insensiblement.

On n’y enterre d’abord  les dignitaires laïcs et ecclésiastiques, les fondateurs, puis les bienfaiteurs d’églises et de couvents; enfin, depuis plus de huit cents ans, on y enterre les laïques indifféremment.

Juridiquement, les tombes sont de deux sortes:

- celles des fondateurs d’églises et de chapelles leur appartiennent en toute propriété ainsi qu’à leurs descendants ou successeurs;

- les parties du sous-sol d’une église peuvent être concédées sans limitation de durée à des familles ou à des corps organisés.

Mais le clergé peut autoriser l’inhumation dans le sol de l’église, sans besoin de concession.

 

Le cimetière étant terre sainte, il était logique, sous l’Ancien Régime et même, dans une certaine mesure, jusqu’en 1904, que ceux qui n’étaient pas morts dans la communion de l’église n’y aient pas accès.

Le refus d’obsèques religieuses emportait nécessairement le refus proprement dit de sépulture.

En sont exclus : les comédiens, les enfants morts sans avoir été baptisés, les suicidés, ceux qui meurent dans les tournois et les duels, les usuriers publics, les excommuniés, les hérétiques, les apostats, les schismatiques, etc…Les condamnés à mort ne pouvaient recevoir la sépulture ecclésiastique qu’après accord du pouvoir civil. Mais dans le cas d’hérésie ou de sorcellerie, ils étaient brûlés et leurs cendres jetées au vent.

 

En ce qui concerne l’inhumation des épouses et des veuves, celles-ci  doivent être enterrées avec leurs époux. Les époux partageront la même tombe, car ils ne sont qu’une seule chair et l’homme ne doit pas séparer ceux que Dieu a unis. Une femme qui a été mariée plusieurs fois sera enterrée avec son dernier époux, dont elle conserve le domicile et le nom. Une femme décédée avant son mari, et n’ayant pas de sépulture, doit être inhumée dans celle choisie par son époux ou dans celle de ses ancêtres si le mari n’a choisi aucune sépulture.

 

Comme les cimetières sont « terre sainte », ils sont donc fermés aux autres religions. Ce qui causera beaucoup de problèmes au XVIe siècle avec l’apparition de la religion protestante. Le cimetière commun aux deux confessions est rare.

Cela occasionnera des obsèques dans des lieux improbables comme un jardin, une cave, …

 

Le XVIIIe siècle amène une évolution dans les mentalités. On s’inquiète à propos des corps décomposés , de leur « redoutable chimie », et donc de son voisinage avec les habitations.

Ainsi c’est la coupure.

Avant 1750, le cimetière est « terre d’église », au milieu de la cité, ouvert à tous, et les sépultures dans les églises sont fréquentes.

Mais par le décret du 23 Prairial An XII (12 Juin 1804), Napoléon, Empereur des Français, décrète qu’il appartient, sauf exception, aux communes de s’occuper des cimetières, où tout un chacun a droit d’y être enterré; l’endroit est normalement clôturé et repoussé hors de la ville; les sépultures dans les églises interdites. (Ceci est la résultante d’une loi de la Convention du 12 Frimaire An II (1793) signifiant que les cimetières déjà appartenant aux églises appartiennent désormais aux communes; (décision définitive). Ce décret informe également sur l’emplacement des cimetières, leurs conceptions, la taille des fosses.

 

Un décret du 19 Juin 1808 permettra aux évêques et archevêques d’être inhumés dans leurs cathédrales après décision du Chef de l’Etat, (jusqu’en 1905), sur avis du ministre des cultes. Subsistent également les affectations spéciales de Saint-Louis-des-Invalides réservé aux dignitaires militaires, de La Chapelle des Orléans à Dreux et de La Chapelle Impériale d’Ajaccio, auxquelles s’ajoute le cas particulier du Panthéon.

 

Mais l’Ordonnance Royale relative aux cimetières du 6 Décembre 1843, voulue par Louis-Philippe 1er, Roi des Français, va définitivement gérer nos cimetières; Cette loi est toujours d’actualité.

 

Art.1er: Les dispositions des titres Ier et II du décret du 23 Prairial an XII, qui prescrivent la translation des cimetières hors des villes et des bourgs, pourront être appliquées à toutes les communes du royaume.

Art. 2: La translation du cimetière, lorsqu’elle deviendra nécessaire, sera ordonnée par un arrêté du préfet, le conseil municipal de la commune entendu. Le préfet déterminera également le nouvel emplacement du cimetière, sur l’avis du conseil municipal et après enquête de commodo et incommodo.

Art. 3: Les concessions de terrains dans les cimetières communaux, pour fondation de sépultures privées, seront, à l’avenir, divisées en trois classes:

          1. Concessions perpétuelles.

          2. Concessions trentenaires.

          3. Concessions temporaires.

Une concession ne peut avoir lieu qu’au moyen du versement d’un capital, dont deux tiers au profit de la commune, et un tiers au profit des pauvres ou des établissements de bienfaisance. Les concessions trentenaires seront renouvelables indéfiniment à l’expiration de chaque période de trente ans, moyennant une nouvelle redevance qui ne pourra dépasser le taux de la première.

A défaut du payement de cette nouvelle redevance, le terrain concédé fera retour à la commune, etc…(je vous fais grâce du reste).

 

La résultante à Tourrettes :

 

1) Il y a de cela trente ans, fut entrepris la restauration du sol de l’église actuelle datant du début du XVIe siècle. On y trouva des ossements. Mais la mairie ne donna pas suite.

Alors que peut-on supposer?

- S’agit-il des défunts tourrettans, lorsque le cimetière attenait à la première église du XIe siècle? (Edifice qui se trouvait à l’emplacement de l’actuelle maison qui jouxte l’église).

- S’agit-il de malheureuses victimes des guerres de Religion? Ou autres périodes?

Nul ne le sait. Mais peut-être qu’un jour des recherches seront entreprises…

 

2) Au cimetière actuel de Tourrettes, la partie « historique « se trouve à gauche de l’entrée, après avoir longé la façade ouest de la Chapelle des Pénitents. Quelques personnalités tourrettanes y sont enterrées. Elles se trouvent essentiellement dans le carré central de cette partie du cimetière.

 

Suite à l’Ordonnance Royale de 1843 concernant les concessions, cette loi fut mise en exergue sous le Second Empire. On peut imaginer que seules les personnes ayant un certain statut pouvaient se permettre d’acheter une concession. Les autres, n’ayant pas les moyens étaient toujours enterrés suivant les anciennes traditions, à savoir mis dans un linceul et directement en terre et ce, pendant cinq ans. Seule une croix plantée sur le monticule de terre signifiait la présence d’une tombe. Au bout de cinq ans, les ossements des défunts étaient transférés dans l’ossuaire; la fosse commune étant réservée aux indigents.

 

La première personne qui acheta une concession au cimetière de Tourrettes est Madame Anne Scolastique Talent, veuve du Général Fabre. Après négociation avec la Mairie durant l’année 1863, elle obtint la concession le 13 Janvier 1864. L’emplacement est pour elle-même et pour les membres de sa famille. C’est une concession perpétuelle. Ainsi, certains membres de sa famille se trouvent effectivement dans cette tombe, tous honorables notables de la région.

 

Mais où se trouve le Général Fabre?? C’est la grande question!

Certes il ne serait pas le premier personnage célèbre en France à ne pas avoir de sépulture connue. Difficile à le croire dans un si petit village…

Pendant la fête de la Saint Martial à Tourrettes en Septembre 1867, un habitant de Montauroux rendit visite à Madame La Générale. Dans une lettre à son fils, il expliquera qu’en quittant son hôtesse, il est passé devant la tombe du Général au pied de l’escalier.

Donc en 1867, le Général est toujours enterré au château.

Et là intervient une première hypothèse:

Si ce Montaurousien en est convaincu lors de sa visite au village, il n’en est pas de même pour certains Tourrettans. Car il est admis que dans la salle du rez-de-chaussée, un socle ovale destiné à recevoir son tombeau a été réalisé avant son décès en 1844. Mais le Général serait mort avant la fin des travaux et aurait été enseveli dans une sépulture provisoire qui s’avèrera définitive car le tombeau n’aurait jamais été achevé.

Dans ce cas précis, impossible de le retrouver, car la loi de 1843 n’est pas encore appliquée à Tourrettes.

 

La Générale décède en 1877. Et après? On sait que la succession fut difficile, le château étant devenu copropriété de copropriétaires. Le château fut démantelé et devint une ruine plus rapidement que s’il avait été victime d’un séisme. Le maire du village, devant le vandalisme, fit transporter les restes du Général au cimetière. Mais où?? (Ceci est la deuxième hypothèse).

Sachant que l’église ne sépare pas les époux dans la vie comme dans la mort, on peut supposer que son corps se trouve au côté de son épouse…Mais nous n’en avons pas la trace.

 

Troisième hypothèse: Les descendants du Général Fabre sauraient-ils où il est enterré? (Ils ne se sont jamais exprimés à ce sujet.)

 

Autres hypothèses:

D’autres suggèrent qu’il serait peut-être enterré dans une des tombes de l’un de ses frères, mais là encore…Aucune trace!

Beaucoup de spéculations courent …

 

Peut-être que la Mairie de Tourrettes devrait procéder comme la reine d’Angleterre!

 

En effet, dès son accession au trône, Elizabeth II a lancé un défi, car elle est également Duc de Normandie (et non Duchesse):

11 millions de livres à qui trouvera les restes de son ancêtre, la belle et sulfureuse Aliénor d’Aquitaine. Elle est morte à Poitiers, mais son gisant se trouve à l’Abbaye de Fontevraud…vide!

Est-ce qu’à sa mort la proposition deviendra caduque? L’avenir nous le dira.

 

Ainsi, en proposant une récompense monétaire, peut-être que cela permettrait de savoir enfin où se trouve notre Tourrettan si célèbre!

 

Jeanette et Alain se laissent porter par le Hasard de la vie, rencontres humaines et tout naturellement l’atelier « Par Has ’Art » a vu le jour a Tourrettes en ce début de juin 2021 .

Jeanette a été créative toute sa vie : peinture, portraits personnalisés, graphisme, création de meubles uniques, décoration intérieure, etc…

Elle crée la plupart de ses pièces à la demande suivant les couleurs et matériaux préférés par ses clients et le lien émotionnel qu’elle expérimente avec eux.

Alain (« Mot ’Art ») de son côté est passionné d’explorations et de rencontres humaines, que celles-ci soient à moto, autour de chez lui ou dans des contrées lointaines.

Il est aussi un fan des aventures de Tintin et un joueur d’Échecs   plus intéressé par la rencontre humaine avec l’adversaire que par une victoire finale sur l’échiquier.

Il crée des objets de décoration intérieure (lampes, horloges murales, etc..) en « Transfinalisant » des pièces de récupération moto qu’il transforme à sa façon bien personnelle.

Vous êtes les bienvenus dans leur atelier/expo Par Has’Art que ce soit pour les regarder, créer une nouvelle pièce, rechercher un cadeau original et personnalisé à offrir à un de vos proches ou amis, jouer une partie d’échecs  ou juste partager un bon moment et ceci « sans chichi  pompon »

Compte Instagram Atelier_Parhasart

Atelierparhasart@gmail.com 

 tintinmotart@gmail.com

Tel 07 88 29 34 15

 

 

Élisabeth Denimal Muller expose du 25 mai au 15 juin
dans la salle d'expositions du village


A.C.V Les Arts au Cœur du Village - 

TOURRETTES

 

Vous êtes artiste, venez participer à l’exposition LES ARTS AU CŒUR DU VILLAGE.

 

Cette année, pour sa 17ème édition, l'exposition aura lieu

le dimanche 25 juillet 2021 de 10h à 19h.

 

Une navette gratuite sera mise en place pour faciliter l'accès du public à l'exposition.

 

L’exposition des Arts au Cœur du Village réunit dans une ambiance conviviale, une moyenne de 60 artistes qui exposent dans les ateliers, rues, places et placettes du village pittoresque de Tourrettes.

 

Si vous désirez participer à cette fête des artistes, vous pouvez nous contacter :

 

 

 

tourrettes.acv@gmail.com

 

 

 

Si vous souhaitez organiser des ateliers de démonstration pour le public durant la journée, merci de nous en informer pour programmation.

 

Manuela

 

 

 
                                                                                                                                              ORGANISATION ACV
                                                                                                                                                     0628924927
                                                                                                                                                     0663212043
 
 
 
 
 


 
 
 
L'Auberge de Cassagne, l'Hôtel de Mougins, les plages Keller et Joseph au Cap d'Antibes, la Maison Lenôtre lui ont fait confiance,

et c'est bien là, dans l'excellence et l'exigence de ce métier, que Yohann Perrin a puisé sa destinée:
celle d'ouvrir aujourd'hui, son propre restaurant, Chez YOH', sur la Place du Terrail à Tourrettes.

A sa table, on viendra dès le 19 mai se délecter d 'une Joue de Bœuf confite 7 heures,
d'un Dos de saumon sauce citronnelle et son wok de légumes, et aussi d' une panna cotta aux fraises de Carpentras  ...

 

 Une nouvelle œuvre à découvrir

de P. Gauberti

au Musée à Ciel Ouvert,

Place du Rigourier

"Artichauts à la barigoule" la recette provençale qui subjugua Catherine de Médicis lorsqu’elle épousa Henri II et devint reine de France.

15 Mai 2021

 

Un chardon qui fit la conquête d’une reine de France !

 

Gérard Saccoccini

 

 

Dans une précédente chronique de la Gazeto, nous évoquions les apprêts de la cuisine du Moyen Age, dans nos campagnes et dans nos villes, ainsi que les différents légumes et ingrédients utilisés. Nombre d’entre eux sont aujourd’hui en partie relégués aux oubliettes de l’Histoire alors que d’autres ont traversé les millénaires et ont régalés les convives de nos tables inventives. Presque toujours, les légumes étaient issus de souches sauvages que nos paysans s’attachèrent à domestiquer. Beaucoup furent dédaignés et considérés indignes de figurer sur les tables de la noblesse et de la bourgeoisie, jusqu’à ce qu’un caprice, un phénomène de mode ou un besoin d’exotisme les réhabilite.

 

Au terme d’un voyage de plusieurs millénaires arriva dans nos campagnes de Provence un chardon que des générations de paysans opiniâtres et de savants agronomes réussirent à domestiquer pour le rendre consommable. Ses bourgeons, sommés de couronnes épineuses, éclataient en bouquets d’inflorescences délicates aux riches couleurs bleues ou violacées. Sous le nom savant de Cynara cardunculus sylvestris se cachait l’ancêtre sauvage de la variété cardunculus scolymus, plante dicotylédone de la famille des Astéracées, du genre Cynara.

Plus prosaïquement nommée artichaut, il semble avoir été connu des médecins et botanistes Grecs, établis dans leurs colonies de Sicile, qui l’utilisèrent sous sa forme de cardon aux feuilles finement ciselées pour des décoctions savantes propres à nettoyer l’organisme de ses humeurs et à purifier le sang.  Au 1er siècle, Pline le mentionne et relate qu’il est très apprécié par les Romains qui l’utilisent aussi pour ses vertus prétendues aphrodisiaques.

Mais s’agissait-il bien de la même plante ?

Vraisemblablement originaire des rivages de la Mer Rouge, il était connu des anciens Égyptiens et sa culture s’est ensuite répandue en Afrique du Nord. Avec les conquêtes arabes du 8ème siècle, il arrivera au terme d’un long voyage dans le Sud de l’Espagne où les agronomes d’Al Andalous le modelèrent pour obtenir la forme que nous lui connaissons, avant d’en diffuser la production dans les campagnes de l’émirat de Sicile et des possessions d’Italie du Sud.

 

L’artichaut que nous consommons aujourd’hui n’est apparu chez nous qu’à la fin du Moyen Age, après avoir fait l’objet de lentes et patientes expériences pour modifier son bourgeon floral afin de le rendre comestible (ainsi l’homme disputa à l’âne le privilège d’en déguster les riches saveurs poivrées).

Le développement de sa culture sera souvent soumis aux hasards et aux vicissitudes de l’histoire et, aussi surprenant que cela paraisse, il fut principalement dû aux échanges commerciaux du monde des affaires de la Renaissance.

En 1466, le richissime banquier Filippo Strozzi le fit venir de Naples, alors vice-royauté espagnole, pour l’acclimater dans ses domaines de Toscane. L’engouement pour ce légume fut tel que son négoce lucratif gagna les familles florentines des Bardi, des Peruzzi et des Baroncelli. Proches des papes, ces derniers s’installèrent en Avignon et en favorisèrent la culture qui s’étend aux terres fertiles du Comtat, au confluent du Rhône et de la Durance et dans les jardins d’Avignon.

Une légende (mais ce n’est sans doute qu’une légende) raconte que la belle Laure aimait à le cuisiner pour régaler le divin Pétrarque.

 

En 1532, Olivier de Serres cite le Dauphiné et la région lyonnaise comme le « pays des cardes ». Dans les terres de Provence, l’artichaut atteint sa forme et ses couleurs actuelles, ainsi que son appellation de « petit violet ». Comme le câpre, qui est un bourgeon floral que l’on récolte avant l’éclosion, il est cueilli pour être consommé avant que le capitule portant l’inflorescence ne laisse éclore la fleur. Il est surtout considéré comme un plat de pauvre que l’on consomme bouilli, « à la croque-sel » ou en vinaigrette.

Lorsque les Juifs furent expulsés d’Espagne par l’Inquisition, en 1492, ils quittèrent également la Sicile alors possession espagnole et s’exilèrent dans le ghetto de Rome où ils introduisirent la culture de l’artichaut et la recette des « carciofi alla giudia », encore largement proposée aujourd’hui dans les restaurants de la Ville Éternelle.

Ceux qui s’installèrent dans le ghetto de Venise en répandirent la culture jusqu’en Lombardie et le préparaient cuit lentement, à l’étouffée, une manière succulente de conserver tous ses parfums, ses arômes et sa saveur subtile.

Mais il sera accommodé de mille autres manières, selon les terroirs et l’inventivité des cuisiniers, et l’on prétend que c’est la recette provençale qui subjugua Catherine de Médicis lorsqu’elle épousa Henri II et devint reine de France.

La reine était une épicurienne et elle adorait bien manger (et beaucoup manger). Elle connaissait bien sûr ce légume dont elle raffolait depuis son enfance à Florence, mais c’est la manière provençale de l’accommoder qui emporta ses suffrages. Elle en découvrit la recette lors du mariage de Mademoiselle de Martigues avec Monsieur de Loménie, le 19 juin 1576. Dans l’impossibilité de réfréner sa gourmandise, elle en mangea tant et tant qu’elle en fit une indigestion et « en pensa crever » selon le chroniqueur Pierre de l’Estoile. Elle ne renonça pas pour autant à son péché de gourmandise, imitée en cela par les courtisans de sa suite, ce qui contribua à lancer la mode de cette recette dans le beau royaume de France.

Il semblerait que Louis XIV en raffolait aussi.

 

Voici la recette la plus proche de celle qui fit la conquête de la reine, lors de sa visite à Toulon et à Hyères, préparée avec les « petits violets du Midi » dont les plus prisés venaient d’Ollioules ou de Carqueiranne.

On ôte soigneusement les premières feuilles trop dures, puis on cisèle le bourgeon en coupant les feuilles au-dessus des parties tendres et on épluche soigneusement la hampe. Il faut tremper les artichauts dans de l’eau claire additionnée de jus de citron pour éviter qu’ils noircissent et on évide le cœur pour ôter les barbes.

On assaisonne à cru, en prenant soin que le sel, le poivre, le thym et le laurier broyés et les quatre épices s’insèrent bien entre les feuilles. Il faut hacher menu un oignon, une gousse d’ail et un morceau de lard gras que l’on fait blondir dans l’huile d’olive vierge.

Les bourgeons sont ensuite coupés en quatre dans la longueur, puis couchés bien serrés sur cette préparation. Arrosés de bouillon et d’un peu de vin blanc, ils vont cuire une heure, à couvert et à four doux.

On désigne cette préparation soignée et longuement mitonnée dans une cocotte en fonte : « Artichauts à la barigoule ».

 

Si vous souhaitez la reproduire, la reine vous souhaite un bon appétit !

Un bouquet d'accueil à l'entrée du Musée d'Art et d'Essais
Œuvre de Fortuné Evangelisti

Le Musée d'Art et d'Essais de Tourrettes

À découvrir ou redécouvrir

NOUVEAU SIÈGE DE L'ASSOCIATION TOURRETTES
HÉRITAGE

Ouverture du Musée d'Art et d'Essais
Paul-Maurice Perrier-Morillon
le mardi (période d'hiver)

9h30/12h30  14h/17h

 

 

Une pièce au rez-de-chaussée est destinée à l'accueil touristique,

 

à l'étage sont présentées les œuvres représentatives des artistes de Tourrettes


à côté des «Dinanderies profanes et sacrées – Tableaux-Reliefs et Sculptures»

de Paul-Maurice Perrier-Morillon.

 

Le Musée est le Siège Social de l'Association Tourrettes Héritage

 

 

 

 

Chers amis,

 

Nous sommes heureux de vous informer que le livre « TOURRETTES d’HIER à AUJOURD’HUI » vient de paraître.

Ecrit par Gérard Saccoccini, mis en page par Patrick Giner, grâce à la collaboration de Michel Auffret pour le crédit photographique, Elizabeth Duriez pour les chroniques et recherches historiques, Annette Celka, Jacques Mireur et Marc Brulé pour la recherche bibliographique et la vérification des sources ; il est maintenant disponible au prix de 10 €.

(Un tarif préférentiel à 8 € est réservé aux adhérents de l’association Tourrettes Héritage)

Nous sommes certains que vous lui réserverez un bon accueil et nous espérons vous retrouver bientôt au cours de nos activités.

Bien cordialement

 

 

 

Cet ouvrage est en vente au Café des Arts, place du Terrail à Tourrettes (sauf le jeudi, jour de fermeture) et vous pourrez en commander le nombre d’exemplaires que vous souhaitez.

sur la façade de l'ancienne Mairie de Tourrettes

Conférence reprogrammée dès que possible
 

 

L’Étrange Monsieur Aubin, américaniste, spécialiste de l’épigraphie.

Gérard Saccoccini

Natif de Tourrettes, spécialiste de l’épigraphie, déchiffreur de l’écriture figurative des anciens mexicains, toute une nation reconnaît en Aubin, l’homme qui lui a rendu son identité. Le Mexique lui a rendu hommage pour l’extraordinaire travail réalisé, dont la qualité et la clarté de la présentation didactique ont permis la conservation du patrimoine linguistique et intellectuel de tout un peuple et d’une des cultures mésoaméricaines les plus remarquables.

 
 
 
Conférence reprogrammée dès que possible
 
Michèle Bus-Caporali
Pianiste et cheffe de choeur
Diplomée en Sciences de l'Éducation
 
LES ORGUES DE LA RÉPUBLIQUE
 

 

 

Au cœur de la Provence, sous la Révolution, la ville de Saint-Maximin voit arriver une troupe de jacobins fougueux. A sa tête, un jeune homme de dix-huit ans.

Descendu à l’auberge du Mouton Couronné tenue par Pierre Boyer sur la route d’Aix, il tombe amoureux de Christine, la sœur de Pierre.

Bien qu’il soit nommé à un poste administratif peu reluisant, sa carrière politique commence. Il sera ambassadeur de France en Espagne et au Portugal, et ministre du Consulat, avant d’être fait Prince par le Pape.

Les premières étapes de son ascension, liées aux péripéties qui ont secoué tout le pays, s’intègrent à la vie de la bourgade varoise, récemment encore « ville royale. »

 

Les événements relatés se développent au son de l’orgue monumental, le deuxième de France, qu’un stratagème de Lucien Bonaparte, car c’est lui le protagoniste de cette histoire, a sauvé de la folie destructrice de Barras. En effet, le dirigeant était venu de Paris, décidé à faire fondre les centaines de tuyaux des buffets musicaux pour fabriquer des boulets de canons, car le pays était en guerre, comme en Révolution.

La basilique qui abrite l’instrument fabuleux présente des résonances exceptionnelles, dues à un secret architectural…  Elle dresse des structures gothiques imposantes qui dominent les petites maisons aux toits de tuiles, face à une barre rocheuse entourée d’une forêt millénaire : la Sainte Baume. Ce nom vient de l’existence d’une grotte, à mi-hauteur, où a vécu une disciple du Christ : Marie-Madeleine. Ses reliques, enfermées dans une urne de porphyre, sont présentes dans la lumière irréelle de l’édifice religieux aux soixante-cinq vitraux étagés sur trois niveaux. Au cours des siècles, elles ont valu à Saint-Maximin nombre de privilèges.  

Les faits de l’époque se sont déroulés d’arcades en tour de guet, d’une fontaine à une autre, le long des ruelles anciennes qui existent toujours. On y voit revivre le climat, les coutumes, le caractère des gens, tandis que se dessinait la mutation de régime. A Saint-Maximin, on sent l’empreinte des personnages marquants.  En arrivant, on entre de plain-pied dans l’histoire.


 

 

 

Conférence reprogrammée dès que possible  
 
André Rosenberg
Professeur de Littérature
Docteur en Histoire
 
 
Les Superstitions
 
 
 
La superstition fait partie intégrante de notre culture collective. Entre religions d'un côté et la science de l'autre, s'étend le vaste domaine de la superstition.
 
Le fait d'être superstitieux, ou pas du tout, n'enlève rien au plaisir de découvrir le "pourquoi" de ces coutumes, de ces gestes que personne n'ignore mais dont on ne connaît pas toujours les origines.
 

 
 
 
 Conférence reprogrammée dès que possible
   
Boris Chichlo
Docteur en Anthropologie
Chercheur au CNRS
Membre du Laboratoire d'Écoanthropologie
du Musée de l'Homme

 

L'OURS ET LE CHAMANE
Concurrents et Complices !
 
Après de nombreuses expéditions dans les steppes bordant le fleuve Iénisséï, les contacts établis avec les peuples autochtones de Sibérie constituent une précieuse somme de recueils concernant les coutumes, les traditions, les pratiques cultuelles et les rapport de l'Homme à la Nature, aux êtres vivants et aux éléments. Le bilan de ces longues observations amène à la réflexion sur l'Homme et les sociétés premières.

Voir l'onglet "Revue" sous-onglet "Conférences"

pour le résumé illustré de toutes les conférences

du cycle 2019/2020

du cycle 2018/2019 

du cycle 2017/1018

et du cycle 2016/2017

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pour le diaporama de toutes les expositions

2016/ 2017/ 2018/ 2019/2020