Portrait d'une femme portant un pomander (v. 1538) Bartholomäus Bruyn l’Ancien

HISTOIRE DU PARFUM (3)

 

Le PARFUM à la RENAISSANCE

 

ou le PARFUM à la MODE d’Italie

 

Gérard Saccoccini

 

 

Après les affres de la Guerre de Cent ans, l'art de la parfumerie va se développer par l'entremise des villes italiennes depuis longtemps importatrices des senteurs orientales. Par contre les ablutions et les bains, jugés contraires à la morale religieuse (et à l'hygiène selon Ambroise Paré, à cause de la propagation des épidémies par la concentration des personnes dans les bains publics) furent abandonnés.

 

C'est tout naturellement à Venise, vers 1555, que fut rédigé le premier traité européen de parfumerie. La mode italienne par l'entremise de Catherine de Médicis introduisit en France le gant parfumé (on retrouvait là l'association médiévale des deux métiers). Les « peaux d'Espagne » imprégnées de senteurs voyageaient jusqu'en Angleterre.

Premier centre commercial européen, tant au Moyen-Age qu'au début de la Renaissance, Venise est aussi la première ville où marchandises importées et goûts raffinés font leur apparition.

Un observateur notait qu'à Venise, « tout n'était que senteurs, gants, chaussures, bas, chemises, et même les pièces de monnaie. Et comme si cela ne suffisait pas, on conservait sur soi des objets faits en pâte odorante et on tenait des couronnes d'ambre gris dans ses mains ».

 

Mais Venise n'est pas le seul lieu où l'on se préoccupe de parfums : dans toutes les villes italiennes, la noblesse se passionnera pour les senteurs. Les plus célèbres représentantes de la Renaissance italienne, Isabella d'Este, Caterina Sforza et Isabella Cortese, publient leurs recettes de fragrances. Les femmes portent des globes percés en argent contenant de l'ambre gris ou du musc. Ces globes portent le nom de « pomanders », qui vient du français « pommes d'ambre ».

A la cour de Ludovic le More, Leonardo da Vinci poursuit diverses expériences à base d'infusions de fleurs et d'herbes dans l'alcool, ou « acquarzente ». Il tente aussi l'enfleurage de fleurs d'oranger dans des amandes afin que l'huile d'amande s'imprègne d'une senteur florale.

L'introduction des orangers, jasmins et rosiers en Europe est une autre conséquence du commerce avec l'Orient. L'eau de rose connaît, en Italie, une popularité semblable à celle qu'elle avait en Perse. Jusqu'à ce que l'emploi du couteau et de la fourchette se généralise à la fin du XVIIe siècle, les convives se lavent les mains à l'eau de rose, et pas seulement en Italie. Celle-ci, comme d'autres parfums, est fabriquée dans les monastères.A Florence, la pharmacie du monastère Santa Maria Novella fournit la famille Médicis en essences florales (elle est encore en activité aujourd’hui).

 

Le XVIe siècle voit aussi la publication de nombreux ouvrages sur les plantes, qui contiennent des descriptions de leur usage comme médecines, parfums et cosmétiques. Les bois gravés qui accompagnent le Commentaire de Piero Andrea Mattioli sont d'une telle beauté que leur valeur illustrative est encore appréciée aujourd'hui. En 1555, Giovanni Roseto publie ses célèbres Secrets de l'art de la parfumerie, « pour l'enrichisement du corps et de l'âme ». Et dans son Magia Naturalis, Giovanni Battista della Porta (1536-1615) prône l'utilisation du verre, parce que non réactif, dans l'extraction des huiles essentielles et de l'alcool à partir des plantes. A la même époque les Vénitiens perfectionnent l'art de la fabrication du verre sur l'île de Murano.

 

Au XVe siècle, les Français ne méconnaissaient pas totalement l'art des senteurs. Hommes et femmes portaient de petits sachets, ou « coussines » dans leurs vêtements et conservaient leur parfum dans des flacons moulés en terre, les « cyclades de Chypre ». Mais les techniques de la parfumerie française étaient encore balbutiantes comparées à celles de l'Italie. Il faudra attendre le début du XVIe siècle et le règne de François Ier pour que le goût italien en matière d'arts, de mode, d'horticulture et d'architecture, commence à pénétrer en France et ait une influence majeure sur le mode de vie.

En 1533, le fils de François Ier, Henri II, épousait une noble florentine, Catherine de Médicis, événement qui allait entraîner de profonds bouleversements dans la culture française car la nouvelle reine apportait avec elle tous les arts et raffinements de la Renaissance italienne. Son parfumeur, Renato Bianco, installait à Paris une boutique sur le pont au Change.

Son alchimiste, Cosimo Ruggieri, s'établissait également en France. Et au siècle suivant, la faveur du parfum en France dépassait toutes celles qu'il avait pu connaître dans le reste du monde.

 

La région de Grasse, connue pour ses tanneries, fut favorisée par Catherine de Médicis pour produire des herbes et fleurs à parfum et devint le centre le plus important du parfum, succédant ainsi au berceau de la parfumerie française, Montpellier asseyant alors sa renommée sur la production de gants de cuir parfumés. Cette activité trouvera son lieu d’élection dans la bonne ville de Millau.

Mais dans le beau royaume de France tout le monde ne sacrifiait pas aux coutumes italiennes. Henri IV (1553-1610) notamment les considéraient comme trop maniérées et l'une de ses maîtresses dira de lui qu'il « puait comme charogne » !

 

 

 

 

L'art de la parfumerie s’était développé dans l'univers raffiné des cités italiennes, en particulier Venise qui en fut la terre d’élection. C’était la ville la plus riche d'Europe qui, grâce à ses comptoirs et sa flotte, eut le monopole des épices d'Orient, et le recueil publié en 1555, premier traité de parfumerie, recensait 328 préparations parfumées, constituant pendant plus de deux siècles la base de tous les livres traitant de l’art de la parfumerie.

Grâce à l'action de Marie de Médicis, ce fantastique réseau d'activité se concentra à Grasse qui traita bientôt rose musquée, fleur d'oranger, camphre, gingembre, clou de girofle, ambre, benjoin pour parfumer poudres, eaux, bains de bouche, huiles ou pommades.

L’image de « l’habit de parfumeur » rappelle qu'une codification sévère réglementant l'activité de parfumeur fut promulguée sous Louis XIV. Cet acte clôturait l’action de Marie de Médicis qui avait prononcé la séparation des Parfumeurs et des Apothicaires.

Grasse ouvrait alors la voie royale qui devait la conduire au statut de capitale mondiale des parfums, du tannage, de la ganterie etplusieurs quartiers de Grasse furent peuplés par les familles d’ouvriers des tanneries et d’employés de la parfumerie, si nombreuses qu’il fallut rehausser les maisons d’un ou plusieurs étages. Cette curiosité « architecturale » est encore visible aujourd’hui dans certains quartiers du centre historique.

 

La philosophie de lutte contre l’obscurantisme et de promotion des connaissances du Siècle des Lumières n’est pourtant pas parvenue à rétablir le concept d’hygiène corporelle pratiqué durant le lumineux 12ème siècle ! Préconisée par les religions, au motif que la propreté du corps reflète celle de l’âme, la pratique du bain héritée de l’Antiquité gréco-romaine fut condamné à la Renaissance car jugée amorale. Pourtant la purification corporelle fait l’objet de nombreuses recommandations dans la Bible et le Coran et le premier sacrement d’initiation chrétienne se fait par le baptême dans l’eau.

 

Pendant plus de deux siècles donc, le parfum servira à dissimuler les mauvaises odeurs par des senteurs lourdes, jusqu’à l’élaboration d’un hydrolat additionné d’eau de vie et de décoctions parfumées pour donner une eau de toilette légère permettant « la toilette sèche ».

Ainsi commençait l’histoire rocambolesque, mystérieuse et toujours controversée de l’Eau de Cologne et de la saga des Farina. Vers 1690, Gian Paolo Feminis, un colporteur émigré de la vallée d’Ossola, s’installait à Cologne, chez une tante qui tenait une boutique de produits français de luxe. Il serait l’inventeur de la formule de l’Aqua Mirabilis, commercialisée sous le nom de « Aqua Admirable », référencée en 1727 à l’université de la ville dont il était devenu citoyen.

En 1709, dans la même ville, un certain Jean Marie Farina ouvrait une boutique de parfums nommée « Jean-Marie Farina vis-à-vis la place Juliers ». Héritier de la formule, il créait « l’Eau de Cologne ». En 1806, un arrière-petit neveu homonyme, ouvrait une boutique à Paris, Faubourg Saint-Honoré et commercialisait la prestigieuse « Eau de Cologne » dont il revendiquait la création, créant ainsi la controverse.

En 1862 était créée la maison Roger & Gallet, détentrice et propriétaire de la signature Jean Marie Farina.

 

CONCLUSION

 

Raconter le parfum c’est écrire un conte merveilleux qui traverse les fragrances subtiles exhalées de la mémoire olfactive enfouie pour raconter l’histoire de toute l’humanité !

Souvenons-nous que, dès les temps bibliques, le parfum fut un instrument de séduction qu’employèrent les filles de Loth après la destruction de Sodome et Gomorrhe, et qu’il était largement diffusé à l’entrée des lieux de culte comme le Temple de Jérusalem où Marie-Madeleine achetait les parfums de prix pour verser sur la chevelure du Christ. Outre l’offrande aux dieux, le parfum s'imposa comme l’incontournable parure de la femme, comme si elle eut pu se vêtir de lui seul, et traversa les siècles, complice suave et discret de sa beauté, et complice aussi des secrets d’alcôve,indispensableélément de sa séduction et de son mystère.

 

Repliée au fond de sa lagune, isolée dans une mer fermée qui l’avait définitivement écartée des routes nouvelles du grand commerce avec les Nouvelles Terres, la Sérénissime avait vécu sa gloire et consommait sa lente et magnifique agonie.

Désormais, des armadas de nefs océanes espagnoles et portugaises ouvraient d'autres voies maritimes et ramenaient de nouvelles matières premières : vanille, tabac, girofle, cacao, cardamome, qui par l’effondrement des prix instauraient une inexorable et fatale concurrence.

 

La Sérénissime avait vécu sa splendeur et, dans une irréversible agonie, sombrait lentement vers les abysses de l’oubli.

De la splendeur passée il ne resta que le souvenir de l'ivresse du parfum et l’engouement pour le charmant petit flacon en cristal de Venise qui avait séduit toutes les cours d'Europe.

 

 

 

 

Voici un portrait de Jean-Paul Belmondo, que j'ai "croqué" rapidement, en regardant le film "Itinéraire d'un enfant gâté" lundi soir.

 

Claude de Lenoncourt

sur la façade de l'ancienne Mairie de Tourrettes

Mercredi 29 septembre 2021  18 heures
salle du Coulet
 

 

L’Étrange Monsieur Aubin, américaniste, spécialiste de l’épigraphie.

Gérard Saccoccini

Natif de Tourrettes, spécialiste de l’épigraphie, déchiffreur de l’écriture figurative des anciens mexicains, toute une nation reconnaît en Aubin, l’homme qui lui a rendu son identité. Le Mexique lui a rendu hommage pour l’extraordinaire travail réalisé, dont la qualité et la clarté de la présentation didactique ont permis la conservation du patrimoine linguistique et intellectuel de tout un peuple et d’une des cultures mésoaméricaines les plus remarquables.

 

Les mesures sanitaires à observer et les recommandations pour les gestes barrière seront confirmées une semaine avant la prestation.

Mercredi 13 octobre 2021  18 heures

salle du Coulet

Le château de La Napoule.

L’histoire complexe d’un fief des Villeneuve-Tourrettes

Gérard Saccoccini

Compris entre la colline des Arlucs, le Mont San Peyre et Maurevieille, sur le littoral de La Napoule, le vaste territoire de l’embouchure de Siagne constituait une ancienne coseigneurie que se partageaient le chapitre cathédral de Grasse-Antibes et l’Abbaye de Lérins. En 1272, l’abbé en transmit la souveraineté à un certain Raymond de Fayence, premier des Villeneuve à devenir seigneur de La Napoule. Il est à l’origine de l’administration des pêcheries et d’un étrange « droit de la mer » qui resta en vigueur jusqu’au 18ème siècle !

 

Les mesures sanitaires à observer et les recommandations pour les gestes barrière seront confirmées une semaine avant la prestation.

CONFERENCES A TOURRETTES – CYCLE 2021-2022

1er trimestre

 

Mercredi 29 septembre 2021.

L’Etrange Monsieur Aubin, américaniste, spécialiste de l’épigraphie.

Natif de Tourrettes, spécialiste de l’épigraphie, déchiffreur de l’écriture figurative des anciens mexicains, toute une nation reconnaît en Aubin, l’homme qui lui a rendu son identité. Le Mexique lui a rendu hommage pour l’extraordinaire travail réalisé, dont la qualité et la clarté de la présentation didactique ont permis la conservation du patrimoine linguistique et intellectuel de tout un peuple et d’une des cultures mésoaméricaines les plus remarquables.

 

Mercredi 13 octobre 2021.

Le château de La Napoule.

L’histoire complexe d’un fief des Villeneuve-Tourrettes

Compris entre la colline des Arlucs, le Mont San Peyre et Maurevieille, sur le littoral de La Napoule, le vaste territoire de l’embouchure de Siagne constituait une ancienne coseigneurie que se partageaient le chapitre cathédral de Grasse-Antibes et l’Abbaye de Lérins. En 1272, l’abbé en transmit la souveraineté à un certain Raymond de Fayence, premier des Villeneuve à devenir seigneur de La Napoule. Il est à l’origine de l’administration des pêcheries et d’un étrange « droit de la mer » qui resta en vigueur jusqu’au 18ème siècle !

 

Mercredi 10 novembre 2021.

L’Art roman, un voyage de l’Orient à l’Occident

La maîtrise des formes et la cohérence du style.

Tenter de définir l’architecture romane peut sembler réducteur dans la mesure où elle rassemble des réalisations d’une très grande variété, échelonnées sur un vaste espace-temps. Confrontés à une datation incertaine, certains observateurs attribuèrent le qualificatif « roman » à des édifices qui en présentaient les techniques et critères vraisemblables, comme la voûte en berceau, les chapiteaux historiés ou les arcs en plein cintre. A contrario, bien des édifices romans authentiques reçurent souvent une couverture charpentée en lieu et place d’une voûte. Bien des chapiteaux ne furent jamais historiés. Le berceau plein cintre ne peut à lui seul être retenu comme preuve car il fut moins utilisé que l’arc légèrement brisé, plus fréquent.

 

Mercredi 24 novembre 2021.

Urbino, la ville de « l’Humanisme paisible ».

La cité et ses génies.

Paisible, accueillante et ouverte, la cité fut façonnée par le généreux prince-mécène Frédéric de Montefeltre, « le valeureux condottière ». Elle ouvre son cœur et se livre sans retenue au visiteur soucieux d’appréhender le visage authentique d’une cité d’Italie. Sur le plan de l’équilibre urbain, de la mesure parfaite de l’espace, du terroir et de la société, elle s’avère être le siège harmonieux de tous les rapports et de toutes les fonctions de l’ancienne polis grecque, c’est-à-dire l’osmose accomplie de la cité, de son territoire et de ses enfants.

Raphaël, génie de la synthèse picturale en est l’exemple le plus éclatant

 

Mercredi 8 décembre 2021.

Dante Alighieri.

Comédie, ou Divine Comédie ?

De son vrai nom Durante degli Allighieri, Dante fut un penseur, écrivain, poète et homme politique de la République de Florence, où il naquit en 1265, vraisemblablement entre mi-mai et mi-juin. Avant que de songer à la langue française, le Divin Poète avait imaginé écrire la Commedia dans la langue des troubadours. C’est la mainmise brutale de Charles de Valois sur la ville de Florence qui l’en aurait dissuadé. Il en reste que le choix de la langue vulgaire du terroir florentin a fait de lui le poète qui inventa l’Italie en lui donnant, avec une langue nationale, son statut de nation.

 

Ce programme peut être sujet à modifications en fonction de l’évolution des directives de la règlementation sanitaire.

Toutes les conférences de ce premier trimestre seront données par Gérard Saccoccini, Salle Polyvalente du Coulet à Tourrettes. La salle est ouverte à 17 h 45.

Les mesures sanitaires à observer et les recommandations pour les gestes barrière seront confirmées une semaine avant la prestation.

Alambic pour la distillation des résines et huiles essentielles, Fabrication de parfum à Grasse

15 Août 2021

 

 

HISTOIRE DU PARFUM (2)

 

APOTHICAIRES & PARFUMEURS

 

Gérard Saccoccini

 

Les Apothicaires 

Au VIe siècle, Aétius d’Amide, médecin byzantin né en Mésopotamie, résume les connaissances acquises par les Anciens dans l’étude des végétaux. Il établit la première distinction entre les herbes « Botan » et les légumes « Laganon ». Son traité d’herboristerie en 16 livres guidera le minutieux travail des moines apothicaires des monastères orientaux et fera que les herbes aromatiques, soigneusement répertoriées et classées, seront mieux connues. 

En Occident, sous l’influence des grands ordres monastiques (Cluny, Cîteaux), princes, papes, rois et riches bourgeois vont s’intéresser à leur culture et à leur consommation. L’extraordinaire foisonnement des métiers et la diversité des corporations du Moyen Âge vont introduire des éléments de confusion dans l’attribution des tâches, l’exercice de la profession et l’attribution des privilèges. Cet état de choses requerra souvent l’intervention du pouvoir royal. 

La fonction d’apothicaire naquit vraisemblablement, ainsi que le nom, dans ces premiers monastères bénédictins dans lesquels cette charge donna lieu à des études très poussées, ce qui explique le grand nombre de laboratoires alchimiques au sein même des communautés monastiques. 

Les moines eux-mêmes, fin lettrés, férus de textes anciens, s’activaient aux expériences et aux recherches et réalisaient des décoctions de salsepareille, millepertuis et armoise aux vertus sudoripares qu’ils associaient pour lutter contre la malaria (désignée sous le vocable de fièvres paludéennes) ! On peut imaginer que la potion était souveraine car il n’y a pas de relation de moines morts de la malaria, alors que beaucoup d’entre eux travaillaient à l’assèchement des marais pour bonifier les terres. 

Au XIIe s. naquit la corporation des poivriers-souverains, en liaison avec les espiciers de Montpellier. Les anysetiers du roy, corporation spécialisée dans le traitement de l’anis et de l’extraction de ses essences, possédait ses traditions, son protocole et ses armoiries ! A Paris, depuis 1250, les espiciers-apothicaires détenaient le monopole du cumin, du fenouil, de l’anis et des épices. Au-dessous d’eux, les pébriciers ne pouvaient vendre que du poivre ! Dans l’échelle professionnelle, tout en bas de la pyramide se trouvaient les regrattiers, simples revendeurs détaillants de rues ou de foires. Sous le vocable « Apothica » s’ouvrirent nombre d’échoppes qui ne vendaient pas que des drogues, mais des aromates, des épices, des « philtres » et des liqueurs. Là encore, le pouvoir royal interviendra souvent pour limiter les débordements et les abus. 

Le 22 mai 1336, une déclaration de Philippe VI réglemente le serment des apothicaires et de leurs valets, ainsi que la tenue de l’herbier.

En 1353, les espiciers-apothicaires s’érigent en corporation souveraine et vendent aussi bien aux médecins qu’aux cuisiniers et, de cette époque, date la coutume d’offrir des aromates aux magistrats (Louis XI freina cet abus) qui perdura jusqu'à la Révolution à titre de privilège des gens de robe. L’ordonnance du 27 août 1790 y mit définitivement un terme. Il faudra attendre 1778 pour que la Faculté de Paris décerne le premier diplôme d’herboriste. 

Charles VIII, au XVe s., réunit le corps des espiciers aux apothicaires, et leur permet de s’immiscer dans la pratique pharmaceutique. Les uns, comme les autres, reconnaissaient les médecins comme « leurs pères et bons maîtres ». Cet état de rigueur pèsera 146 ans sur le corps des pharmaciens.

 

Les Parfumeurs

 

Le mot " parfum " est un dérivé du mot latin " parfumare " signifiant " à travers la fumée ". A l’aube des grandes civilisations, en Egypte, à Sumer, en Chine ou en Inde, comme chez les Etrusques, les Grecs et les Romains, le parfum est présent et ses substances odorantes sont utilisées autant pour les rites religieux que pour les plaisirs de la vie quotidienne et le rituel de la toilette et du maquillage. 

De tous temps, la fabrication des flacons fut extrêmement soignée, décorée d’images mythologiques, de scènes empruntées à la vie de tous les jours, mais aussi de formes amusantes, symboliques et toujours attractives dans des aryballes et alabastres déclinés en tailles dégressives.

Les belles Étrusques utilisaient de petites boules de cire enfermant des pétales broyés, que l’on tressait avec les cheveux. La fragilité de ses odeurs fugitives donna à l’homme l’idée de faire bouillir les herbes, écorces odoriférantes et fleurs pour exprimer les sucs parfumés,et un long travail d’analyse où l’empirisme tient une place de choix va amener l’homme à la découverte de l’alambic, au travail en vase clos et au procédé de récupération de l’huile essentielle.

Ce processus subtil de recherche de la perfection dans l’extraction des sucs odorants fut atteint en Egypte, depuis les hautes dynasties, et amené à son point de perfection sous les Ptolémées.

Les conquérants arabes qui donnèrent à l’Egypte le nom de Kymi - Terre noire - furent tellement subjugués par la perfection du procédé qu’ils le désignèrent du nom de Al Kymi, terme à l’origine du mot alchimie.

 

LE PARFUM EN OCCIDENT

 

Au Moyen Age, les senteurs diffuses, discrètes, à dominante douce, semble avoir recueilli la faveur d’une société qui découvre, par le retour des croisades, à côté d’un nouvel et subtil art de vivre, l’usage des bains, l’hygiène corporelle, les plaisirs raffinés des massages, les boules de savon arabe et les eaux parfumées (eau de rose notamment). Si l’Antiquité connaît l’alambic, on ignorera la fabrication de l’alcool vraisemblablement jusqu’au VIIIe s.

Début XIVe siècle, les appareils de distillations font leur apparition et vont permettre l'obtention des Quintae essentiae. A cette époque, seule l'huile de térébenthine représente une huile essentielle.

La mise à sac par les Ottomans, en 1453, de la cité la plus somptueuse du monde, Constantinople, consacre sa perte définitive et amène à Venise une multitude d’artisans des senteurs. C’est là que va naître la parfumerie moderne aux prémices du XVIe siècle.De par ses contacts fructueux et répétés avec les Flandres et l’Allemagne, Venise attire une multitude de savants et botanistes qui accompagnent les riches marchands. Travaillant avec les ingénieurs vénitiens, ils augmentent le nombre d’huiles essentielles extraites par distillation, améliorent l’alambic et s’oriente vers une parfumerie de laboratoire dans laquelle les alcools sont prédominants.

En Égypte, aux premiers siècles avant et après J.C., on trouvait à Alexandrie une importante corporation de parfumeurs qui distillaient élixirs et essences florales en utilisant des alambics (ambikos).

Un manuscrit du 4e siècle, écrit par un alchimiste alexandrin Zossime de Panopolis, présentait l’illustration d'un alambic. Ramenés à Venise, les grimoires poussiéreux remplis de comptes rendus d’expérimentations et de recherches fiévreuses, constituèrent le précieux butin disséminé dans les monastères

De 7 ( et moins) à 77 ans (et plus)
 
"Baptême du Jeu" d'échecs géant
 
Place du Terrail
 
dès le 12 juillet 2021 (L/J/V/S/D de 17 à 19h)


Musée International de la Parfumerie de Grasse. Reconstitution d'une boutique d'apothicaire, salle Moyen Âge

HISTOIRE DU PARFUM (1)

 

Gérard Saccoccini

 

A l’aube des grandes civilisations, à Sumer, en Égypte, en Chine ou en Inde, comme chez les Étrusques, les Grecs et les Romains, s’ouvre le parcours initiatique complexe qui, depuis l’aromathérapie jusqu’à l’herboristerie, en passant par l’alchimie, conduit au parfum.

 

Il est établi que l’usage des plantes aromatiques et « épices » remonte à la plus haute antiquité et que leur emploi semble, de prime abord, avoir été réservé aux cultes, peut - être parce que leurs senteurs étaient sensées devoir plaire aux dieux, mais plus vraisemblablement parce que les sucs, les sèves et les extraits des premières plantes aromatiques connues servirent à l’embaumement des défunts et à la conservation des corps.

 

La préparation des onguents et des fards, ainsi que l’assemblage des fragrances naturelles, fixées dans des boulettes de cire, avait lieu dans les temples et resta longtemps un secret d’initiés que ceux-ci livrèrent plus tard, à prix d’or, aux particuliers.

 

Modestes plantes de nos campagnes ou flore exotique des lointains pays de l’Orient mystérieux, les herbes nanties de leurs vertus médicinales, fraîches, fanées ou séchées, entrèrent dans une pharmacopée savante utilisant, pour la santé de l’homme, dans le secret des officines « d’espiciers » et apothicaires, les confections de concrètes, d’huiles essentielles, de résinoïdes et d’onguents.

 

L’incessante quête de nouveauté, dans la parure féminine, poussa l’homme vers une fascinante recherche pour arracher aux plantes leur âme odorante, cette essence suprême appelée huile éthérique ! Ainsi prenait corps, peu à peu, la naissance de l’industrie du parfum.

 

Avant que de conquérir l’univers du « Parfum », savamment dosés, harmonieusement mêlés, les « aromates » entrèrent dans de savantes compositions pour flatter tant le palais que les sensations olfactives, élevant la préparation des mets à l’apogée de la perfection par leur relief et leur noblesse.

 

Espiciers du temps jadis, apothicaires et pharmaciens avec « leurs pères et bons maîtres » médecins, anysetiers et autres gantiers parfumeurs (devenus parfumeurs par lettre patente royale) sont les héritiers de la « science des herbes du soleil ».

 

LE PARFUM EN PAYS DE FAYENCE

 

A la fin du XIX° s., dans le canton de Fayence, le phylloxera détruisit le vignoble. Peu de temps auparavant, le village de Seillans avait été dévasté par le choléra. Pour lui redonner vie, la vicomtesse Charlotte Savigny de Moncorps, conseillée par des amis parfumeurs grassois, décida de consacrer les terres qu’elle possédait entre Callian et Comps aux cultures florales. Elle fut la pionnière de la déclinaison du parfum sur toute une gamme de produits de beauté et de soins du corps qui connurent un succès immédiat et firent la renommée internationale du village de Seillans.

 

Charlotte, Jeanne, Marie de Villers-La Faye, est née sans doute en 1848 (?). Elle avait épousé, en secondes noces le marquis de Rostaing possédant de grands domaines sur le terroir de Seillans. En 1870, l’épidémie de choléra décima le village, la marquise perdit son mari et garda les terres.

 

Remariée au vicomte René Savigny de Moncorps, elle constatait au retour d’un voyage aux Indes la profonde misère d’un terroir dévasté par le phylloxéra qui avait détruit le vignoble, pilier de l’économie locale.

 

Conseillée par un ami, parfumeur de Grasse, elle dédia ses domaines aux cultures de plantes à parfum. Ses terres, étendues jusqu’au territoire de Callian et de Comps furent plantées de 140 000 pieds de jasmin, 45 000 plants de violettes et 10 000 rosiers de mai.

 

Très vite, employant la main d’œuvre rurale locale disponible, elle décida de gérer elle-même la transformation des fleurs récoltées dans une parfumerie qu’elle créa dans le village, et compléta ses plantations par de l’iris (dont la délicate extraction de l’huile est restée une spécialité du pays de Grasse encore aujourd’hui), des lavandes, de la menthe et des plants de géranium largement utilisé pour ses propriétés de fixateur olfactif.

 

En 1883, les premières récoltes furent conduites avec succès jusqu’au processus d’enfleurage qui mobilisa la main d’œuvre féminine du village.

 

Première femme à recevoir la Médaille du Mérite Agricole pour la mise en œuvre de toutes nouvelles techniques d’arrosage, la vicomtesse fut aussi une femme d’affaire avisée : la fragrance nommée « Parfum de Seillans » était commercialisé, puis déclinée en de nombreux produits : eaux de toilettes, crèmes de beauté, savon et « poudres de riz », que l’on pouvait trouver dans les boutiques des magasins « à rayons multiples » des grandes villes, jusqu’à New York.

 

Elle reçut souvent chez elle Alphonse Karr, son ami, Guy de Maupassant aux attaches grassoises en la personne du député Jean Ossola, son neveu par alliance, le poète Jean Aicard et jusqu’à la reine Victoria d’Angleterre venue visiter Grasse en 1891.

 

Pendant le conflit de la première Guerre Mondiale, elle transforma son établissement en hôpital de campagne. A la fin des hostilités, les machines abandonnées à l’extérieur étaient inopérantes, rouillées ou obsolètes et la vicomtesse atteignait les 80 ans. Elle vendit son exploitation qui connut un nouvel essor avec le pharmacien de Seillans, François Chauvet, lequel conféra à l’entreprise un rayonnement mondial : certains anciens du village se souviennent encore des visites de Guerlain, le grand parfumeur qui venait en personne choisir ses distillats, ses essences et ses produits aromatiques.

 

LES ORIGINES DE LA PARFUMERIE

 

Apothicaires et espiciers (appelés à Florence medici e speziali), gantiers-parfumeurs, herboristes et anysetiers, tous, à un moment ou à un autre de l’exercice de leur métier, ont eu un lien commun : l’héritage médiéval de la connaissance de l’alchimie. Le rêve d’obtenir de l’or par la transmutation des métaux vulgaires enfiévra les imaginations et donna de l’alchimiste une image complètement faussée.

 

Son activité s’étendait au traitement du verre, des perles, des pierres précieuses, à la distillation des parfums et des alcools (de l’arabe Al-Kohol), à la constitution d’une pharmacopée complexe, à la fabrication des onguents, des poudres et des fards et à la teinture des étoffes.

Le Traité des Aluns et des Sels, attribué au médecin Ibn Ràzi (1), a marqué au plus haut point toute une alchimie omniprésente au Moyen-Age.

Aux XIe et XIIe siècles, par les Croisades et par les compagnons de retour d’Orient d’une part, et au travers de la pensée arabe diffusée par l’université de Tolède d’autre part, des groupes d’alchimistes purent répandre leur savoir au travers des réseaux complexes du compagnonnage et des passerelles de grand commerce, développant une science de connaissance esthétique de la matière !

 

Depuis l’origine des temps l’homme s’est interrogé sur les fondements de son existence. La science, au terme d’un long et patient cheminement déductif de la pensée raisonnée, a tenté de répondre à ses questions et, devant ces mêmes interrogations sont nées les religions. Aux prémices des temps historiques, des textes mystérieux semblèrent révéler une autre forme de connaissance, comme un élément d’équilibre entre physique et métaphysique, entre certitude et foi.

Couchés sur des parchemins, des tablettes, des papyrus, ces textes étranges apparurent simultanément de l’Orient à l’Occident, parlant de spiritualisation de la matière et de matérialisation de l’esprit.

Ce qui est curieux, c’est le caractère réduit au minimum de l’écriture, sur ces grimoires et supports divers, au profit d’un graphisme visuel fortement symbolique, comme si le « message », dès son origine, se voilait de mystère au sein d’un livre « muet ». Tablettes de Mésopotamie, textes védiques et papyrus d’Égypte sont les plus anciens traités alchimiques connus et déchiffrés, mentionnant un fluide (dit hataka en védique) capable de changer le bronze en or pur !

De par son caractère universaliste, l’alchimie traita toutes les matières et par conséquent se trouva à l’origine de la naissance de l’aromathérapie et de la médecine. Pouvons-nous encore continuer de penser que les efforts et les veilles laborieuses des alchimistes n’eurent pour but que la recherche de quelques formules permettant de fabriquer de l’or ?

 

AROMATHÉRAPIE - HERBORISTERIE

 

L’Aromathérapie est la science de l’utilisation des huiles essentielles aromatiques, extraites des plantes, dont les vertus curatives furent découvertes par une longue et minutieuse observation des comportements du monde animal. Produits huileux, volatiles, odorants seront extraits par distillation au moyen de l’instrument le plus ancien connu, l’alambic, puis utilisés par les alchimistes du Moyen Age pour leur vertus antiseptiques, diurétiques, carminatives et antispasmodiques.

Médecins et chirurgiens barbiers de la Renaissance les utiliseront largement, sans pouvoir toutefois en expliquer scientifiquement l’action, ce qui leur vaudra défiance, suspicion et quelques bonnes accusations de pratique de la sorcellerie.

Connus depuis la nuit des temps, ces extraits de plantes servaient à l’embaumement des corps dans l’ancienne Egypte et, selon l’importance et le rang social du défunt, la somme et la richesse des produits utilisés allaient croissant, pour atteindre le summum dans la cérémonie d’embaumement du corps des pharaons. Sumériens, Hittites, Grecs et Romains utilisèrent largement les huiles essentielles dans les rituels funéraires, le culte, la purification, l’hygiène corporelle et les jeux.

 

L’Herboristerie relève de l’art des « espiciers » du Moyen-Age, venus s’installer près des grands ports commerçant avec l’Orient. Des membres de cette corporation s’établirent au XIe s. à Montpellier dont le nom latin : Mons Pistillarius désigna le lieu où se concentraient les échoppes des espiciers. Instruits des pouvoirs des plantes aromatiques, ils sont à l’origine de la connaissance et de la vulgarisation des vertus curatives des plantes médicinales. Réservées aux cultes religieux, et parfois au seul usage d’un personnage (le basilic !), les plantes répertoriées, classées, constituèrent la base d’une pharmacopée traditionnelle, souvent familiale et dite « de grand’mère », qui produisit une foule de tisanes et décoctions salutaires, savamment préparées et dosées par l’herboriste (aujourd’hui disparu) dont la pratique reposait sur de solides et antiques connaissances léguées par ces « espiciers », à l’origine du métier d’apothicaire, de la pharmacie moderne et de la fondation de la faculté de médecine de Montpellier. Ceci nous indique bien que le détenteur du secret des herbes, prêtre ou laïc, quelle que soit l’époque, fut toujours respecté et honoré.

 

Suite (2 et 3)dans les prochaines chroniques de la Gazeto

 

VISITE AUX HEURES D'OUVERTURE DE LA MAIRIE

VISITE AUX HEURES D'OUVERTURE DE LA MAIRIE

Un bouquet d'accueil à l'entrée du Musée d'Art et d'Essais
Œuvre de Fortuné Evangelisti

Le Musée d'Art et d'Essais de Tourrettes

À découvrir ou redécouvrir

NOUVEAU SIÈGE DE L'ASSOCIATION TOURRETTES
HÉRITAGE

Ouverture du Musée d'Art et d'Essais
Paul-Maurice Perrier-Morillon
le mardi (période d'hiver)

9h30/12h30  14h/17h

 

 

Une pièce au rez-de-chaussée est destinée à l'accueil touristique,

 

à l'étage sont présentées les œuvres représentatives des artistes de Tourrettes


à côté des «Dinanderies profanes et sacrées – Tableaux-Reliefs et Sculptures»

de Paul-Maurice Perrier-Morillon.

 

Le Musée est le Siège Social de l'Association Tourrettes Héritage

 

 

 

 

Chers amis,

 

Nous sommes heureux de vous informer que le livre « TOURRETTES d’HIER à AUJOURD’HUI » vient de paraître.

Ecrit par Gérard Saccoccini, mis en page par Patrick Giner, grâce à la collaboration de Michel Auffret pour le crédit photographique, Elizabeth Duriez pour les chroniques et recherches historiques, Annette Celka, Jacques Mireur et Marc Brulé pour la recherche bibliographique et la vérification des sources ; il est maintenant disponible au prix de 10 €.

(Un tarif préférentiel à 8 € est réservé aux adhérents de l’association Tourrettes Héritage)

Nous sommes certains que vous lui réserverez un bon accueil et nous espérons vous retrouver bientôt au cours de nos activités.

Bien cordialement

 

 

 

Cet ouvrage est en vente au Café des Arts, place du Terrail à Tourrettes (sauf le jeudi, jour de fermeture) et vous pourrez en commander le nombre d’exemplaires que vous souhaitez.

 
 
 
Conférence reprogrammée dès que possible
 
Michèle Bus-Caporali
Pianiste et cheffe de choeur
Diplomée en Sciences de l'Éducation
 
LES ORGUES DE LA RÉPUBLIQUE
 

 

 

Au cœur de la Provence, sous la Révolution, la ville de Saint-Maximin voit arriver une troupe de jacobins fougueux. A sa tête, un jeune homme de dix-huit ans.

Descendu à l’auberge du Mouton Couronné tenue par Pierre Boyer sur la route d’Aix, il tombe amoureux de Christine, la sœur de Pierre.

Bien qu’il soit nommé à un poste administratif peu reluisant, sa carrière politique commence. Il sera ambassadeur de France en Espagne et au Portugal, et ministre du Consulat, avant d’être fait Prince par le Pape.

Les premières étapes de son ascension, liées aux péripéties qui ont secoué tout le pays, s’intègrent à la vie de la bourgade varoise, récemment encore « ville royale. »

 

Les événements relatés se développent au son de l’orgue monumental, le deuxième de France, qu’un stratagème de Lucien Bonaparte, car c’est lui le protagoniste de cette histoire, a sauvé de la folie destructrice de Barras. En effet, le dirigeant était venu de Paris, décidé à faire fondre les centaines de tuyaux des buffets musicaux pour fabriquer des boulets de canons, car le pays était en guerre, comme en Révolution.

La basilique qui abrite l’instrument fabuleux présente des résonances exceptionnelles, dues à un secret architectural…  Elle dresse des structures gothiques imposantes qui dominent les petites maisons aux toits de tuiles, face à une barre rocheuse entourée d’une forêt millénaire : la Sainte Baume. Ce nom vient de l’existence d’une grotte, à mi-hauteur, où a vécu une disciple du Christ : Marie-Madeleine. Ses reliques, enfermées dans une urne de porphyre, sont présentes dans la lumière irréelle de l’édifice religieux aux soixante-cinq vitraux étagés sur trois niveaux. Au cours des siècles, elles ont valu à Saint-Maximin nombre de privilèges.  

Les faits de l’époque se sont déroulés d’arcades en tour de guet, d’une fontaine à une autre, le long des ruelles anciennes qui existent toujours. On y voit revivre le climat, les coutumes, le caractère des gens, tandis que se dessinait la mutation de régime. A Saint-Maximin, on sent l’empreinte des personnages marquants.  En arrivant, on entre de plain-pied dans l’histoire.


 

 

 

Conférence reprogrammée dès que possible  
 
André Rosenberg
Professeur de Littérature
Docteur en Histoire
 
 
Les Superstitions
 
 
 
La superstition fait partie intégrante de notre culture collective. Entre religions d'un côté et la science de l'autre, s'étend le vaste domaine de la superstition.
 
Le fait d'être superstitieux, ou pas du tout, n'enlève rien au plaisir de découvrir le "pourquoi" de ces coutumes, de ces gestes que personne n'ignore mais dont on ne connaît pas toujours les origines.
 

 
 
 
 Conférence reprogrammée dès que possible
   
Boris Chichlo
Docteur en Anthropologie
Chercheur au CNRS
Membre du Laboratoire d'Écoanthropologie
du Musée de l'Homme

 

L'OURS ET LE CHAMANE
Concurrents et Complices !
 
Après de nombreuses expéditions dans les steppes bordant le fleuve Iénisséï, les contacts établis avec les peuples autochtones de Sibérie constituent une précieuse somme de recueils concernant les coutumes, les traditions, les pratiques cultuelles et les rapport de l'Homme à la Nature, aux êtres vivants et aux éléments. Le bilan de ces longues observations amène à la réflexion sur l'Homme et les sociétés premières.

Voir l'onglet "Revue" sous-onglet "Conférences"

pour le résumé illustré de toutes les conférences

du cycle 2019/2020

du cycle 2018/2019 

du cycle 2017/1018

et du cycle 2016/2017

Voir l'onglet "Revue" sous-onglet "Expositions"

pour le diaporama de toutes les expositions

2016/ 2017/ 2018/ 2019/2020