LE LANGAGE SECRET DES MAINS ET DU REGARD

 

Etude d’une communication non verbale

 

Mise au service du cerveau, la main a permis à l’Homo Sapiens de s’abstraire du règne animal. Tant au niveau profane qu’initiatique, elle est devenue symbole de sa volonté et de ses actions bonnes ou mauvaises.

Les empreintes de mains sur les parois des grottes constituent-elles un lien entre les populations du paléolithique et les hommes des siècles suivants ? Ont-elles, par un système complexe de signes, une fonction symbolique de communication. Pour qui ? Vers qui ?

Depuis l’Antiquité, dans le langage populaire, un certain nombre d’expressions font référence aux mains : un revers de main, une poignée de main, marcher main dans la main, avoir un poil dans la main, un tour de main, demander la main, un homme de main, mettre sa main au feu… Il faut en rechercher l’étymologie dans les différents us et coutumes, de l’Antiquité à nos jours.

 

Le regard est un type de communication non verbale, rattaché au groupe du geste, incluant les mouvements des mains et du corps, ou attitudes. Utilisant de multiples vecteurs muets, il accompagne, souligner ou met en évidence des silences qui s’avèrent parfois très éloquents !

Dans l’échange visuel, le principe de réciprocité est inévitable et aucun des regards échangés n’échappe à celui de « l’autre », ni ne peut dissimuler le ressenti : ne dit-on pas souvent que les yeux sont le miroir de l’âme ? Quoi de plus normal, lors d’une conversation, que de regarder dans les yeux son interlocuteur ? Selon la manière de le faire, de multiples interprétations vont se révéler, chacune pouvant varier à l’infini en fonction des situations et des états d’âme.

Parce qu’il est un support important de la communication, chez l’homme comme chez l’animal, le regard direct affirme une participation complète à l’échange, un échange avéré sans détour qui peut parfois traduire une volonté de domination. La dynamique du regard va inscrire dans l’espace symbolique des émotions humaines la représentation des vécus émotionnels. La posture du « regardant », et même le seul fait d’être soumis au « regard », sont de nature à modifier l’attitude du « regardé ». Ainsi, certains observateurs, au fait des processus de ces effets cognitifs, affirment que la manière dont un homme regarde une femme est de nature à influencer directement la manière dont la femme se perçoit elle-même.

Fenêtres de l’âme, les yeux ne sont pas faits que pour voir mais aussi pour être vus et le regard est le moyen le plus direct d’exprimer sa personnalité. Regards noir, perdu, triste, vide, admiratif, malicieux, ou provocateur et hautain comme celui de la Maja Desnuda de Goya, regards d’enfants ou regards d’adultes, les mouvements des yeux précèdent l’expression verbale. Le regard d’un œil effacé ou voilé manifeste la volonté de défendre l’accès de son jardin secret, la partie de l’âme qu’on ne livre jamais, comme dans les portraits de Modigliani.

Œil de Dieu, œil phénicien, œil d’Horus(ditaussid’Isis), de nombreuses religions considèrent que Dieu voit l’intérieur de l’Homme et transparait dans le regard de celui qui prie. Le maquillage intègre le rituel cultuel et un soin tout particulier est apporté à la parure de l’œil, porte ouverte vers l’au-delà, vers la maison des dieux et les demeures d’éternité des mortels.

C’est ce « troisième œil » qui représente le regard intérieur porté sur le monde, protecteur, rassurant, dessiné au sommet des stupas, sur les stèles d’Egypte ou à la proue des barques des pêcheurs de Méditerranée.

Il est important d’intégrer que l’image que nous livrons doit être validée par notre interlocuteur, car elle établit le rôle, le statut et la place des protagonistes du rapport dans le désir de communication. Dès lors, la position sociale de chacun étant reconnue, malentendus et conflits entre acteurs sont évités assurant ainsi leur crédibilité.

Parce qu’ils ne portent pas toujours la véritable valeur de ce que nous voudrions dire réellement, les mots peuvent mentir, mais jamais le regard car les yeux sont le miroir de l’âme et qu’un miroir ne ment pas.

« Ce que la voix peut cacher, le regard le livre ; c’est dans le regard, non dans la voix, que se trahit la crainte » - Georges Bernanos.

Gérard Saccoccini

HÉLOÏSE ET ABÉLARD

L'absolu de la passion amoureuse au XII°s.

 

Le grand amour d’Abélard et Héloïse
 
 

Abélard et Héloïse occupent une place de choix dans la série des couples célèbres. Ils sont devenus les mythes de l'amour passionnel. Désormais, ils appartiennent autant à la légende qu'à l'Histoire. Héloïse et Abélard ne sont pas nés de l'imagination de quelque auteur épique ou dramatique. Ils ont vécu et aimé dans la première moitié du XIIème siècle. Siècle considéré comme une époque d'intenses transformations sociales et culturelles. On assiste à une croissance démographique. De nouvelles terres sont mises en culture. Les villes s'agrandissent. La France devient le pays le plus peuplé de la chrétienté.  

En ce siècle brillent des femmes et des hommes d'exception: Hildegarde de Bingen, Aliénor d'Aquitaine, Bernard de Clairvaux, Suger et le poète-troubadour Bernard de Ventadour … l'inventeur du "fin amor", c.à.d. "l'art d'aimer".

Le XIIième siècle est aussi une époque mouvementée au sein de l'Eglise. La Vierge reçoit le titre de "Regina Coeli" et c'est en reine que l'Art va la représenter.

Le XIIième siècle se caractérise donc par un "bouillonnement" sans précédent. Un bouillonnement créateur, particulièrement sensible dans le domaine intellectuel, où les Écoles urbaines ravissent la première place aux Écoles monastiques. Ces nouvelles écoles, illustrées par des maîtres brillants, tels Abélard, Jean de Salisbury, Pierre Lombard... vont créer une nouvelle façon de penser et de concevoir les choses.

C'est dans ce contexte exceptionnel que vont naître: l'amour-passion, ainsi que le premier couple d'amants passionnés, Héloïse et Abélard.

 Abélard est un brillant maître en philosophie et en théologie. Il est l'image de l'intellectuel rebelle, arrogant...mais génial. Un séducteur qui a dû payer dans sa chair et dans son esprit, le prix de son insoumission. Il est égoïste et présomptueux, mais il étonne, il scandalise et il est insupportable.

 Dès qu'il voit Héloïse, il est bouleversé par son intelligence et sa beauté. Le maître séduit la jeune fille de près de vingt ans sa cadette et devient son amant. Héloïse a été la première et la seule femme qu'il ait aimée.  Pour Héloïse aussi, il sera le premier et le seul amour de sa vie.

 Ce temps du bonheur ne durera pas. Les péripéties romanesques vont se précipiter. Héloïse est enceinte. Abélard se marie avec elle. Ne voulant pas que ce mariage entravât  sa carrière universitaire et ecclésiastique, il fait entrer Héloïse au cloître et...définitivement.  Héloïse, par amour pour son amant et soucieuse de sa réputation, ne s'opposera pas à cette décision.

L’histoire d’Héloïse et d’Adélard nous invite à la réflexion sur la passion d’amour. À vouloir trop maîtriser nos existences, à force de nous obliger au raisonnable … nous devenons, sages, peut-être … mais une sagesse bien triste, monotone, exsangue d’amour.

Le comportement amoureux de ce couple est révélateur aussi de l’esprit du temps, des mœurs en usage au XIIième siècle. Car le XIIième siècle et le début du XIIIième siècle firent de ces délices, de ces tourments, de ces folies d’amour … leur culture, leur foi, leur chant.

André ROSENBERG

(un texte de "Raymond" sur Héloïse et Abélard est accessible sous l'onglet " Patrimoine" sous-onglet "Histoire")


 

LA BELLE PRINCESSE, UNE DOUBLE ENIGME

 Vrai ou faux Léonard de Vinci ?

 

 

Il s’agit d’un portrait représentant une jeune fille que l’on pense être Bianca Giovanna Sforza, premier enfant mais fille illégitime de Ludovic le More et de sa maîtresse Bernardina de’ Corradis. Née à Lodi en 1482 (?), elle reçut le prénom de Jeanne mais ses familiers et l’entourage immédiat la désignèrent toujours par son deuxième prénom : Blanche.

Le 14 décembre 1489, avant la célébration de ses noces avec Béatrice d’Este, au château de Vigevano, un des plus grands ensembles d’architecture médiévale en Europe, Ludovic le More faisait rédiger l’acte de légitimation de la petite fille qui stipulait concomitamment une promesse d’union au marquis Galeazzo da Sanseverino aussitôt qu’elle aurait atteint l’âge légal du mariage.

Peu de temps après, le 10 janvier 1490, avait lieu la cérémonie des fiançailles qui scellait définitivement le projet. Le 20 juin 1496 fut célébré le mariage de la jeune fille avec le marquis Sanseverino, homme de confiance de Ludovic le More et chef militaire de Milan, qui était aussi l’ami et le mécène de Léonard de Vinci.

Hélas, cinq mois plus tard, la jolie princesse, à peine pubère, décédait à Milan, le 23 novembre 1496, elle avait 14 ans. A la cour ducale où le poison était omniprésent, et les morts violentes assez fréquentes, son décès ouvrit la porte aux doutes, aux suspicions et aux supputations rocambolesques les plus diverses. Que s’était-il passé ? L’énigme inexpliquée reste aujourd’hui encore un des grands mystères de l’histoire agitée du duché de Milan.

Le portrait –

Il s'agit d'un dessin à trois crayons : encre, craie noire (pierre noire), craie blanche et craie rouge (sanguine), réalisé sur la partie lisse d’un vélin de petite taille (33 × 24 cm) sur fond jaune préparé à la gomme arabique, très probablement issu du Codex Sforziada et encollé sur un panneau de chêne. Il présente des traces de restauration sur deux périodes : une antérieure au XVIII° s., l’autre d’il y a environ cinquante ans.

Il a été attribué par de nombreux experts reconnus à Léonard de Vinci, bien que cette attribution demeure controversée. Léonard connaissait Bianca depuis sa petite enfance mais en l’absence d’autres portraits de la jeune fille, permettant de l’identifier, son visage est resté cinq siècles dans l’anonymat et demeure aujourd’hui encore une énigme.

Sur le bord gauche du dessin des trous d’aiguille prouvent qu’il a été détaché d’un cahier. Des rayures de 6 cm de longueur, à quelques millimètres de ce bord, situées exactement à la pliure du cahier, indiquent qu’il a été découpé à l’aide d’un couteau.

Origine –

Présenté comme l’œuvre d’un artiste allemand inconnu du XIX° s., le portrait est repéré par un collectionneur canadien, Peter Silverman.  Mis en vente Chez Christie’s, il est adjugé à la galerie newyorkaise Kate Ganz. Peter Silverman le rachète alors pour 22 000 dollars et entame les recherches pour retrouver l’origine de ce tableau, faisant appel en mai 2008 au laboratoire Lumière Technology de Pascal Cotte qui utilise une méthode d’analyse basée sur la photométrie multispectrale.

L’attribution de l’œuvre, en 1998, à l’artiste allemand, du groupe des Nazaréens, va alimenter une controverse d’experts quant à la paternité supposée de  Léonard de Vinci.

Est-ce bien une œuvre de Leonardo da Vinci ?

La Belle Princesse, apparue dans une vente Christie’s en 1998, adjugée pour 21 850 dollars, revendue pour 22 000  dollars en 2007, est estimée aujourd’hui 150 000 000 de dollars, semant l’affolement dans le marché de l’art.

Aucun document, aucune preuve, aucun acte de commandite n’a pu être produit pour déterminer s’il s’agit bien du portrait de Bianca Giovanna Sforza, fille de Ludovic le More.

Le mystère reste entier. L’énigme non résolue.

L’avis des spécialistes ayant accrédité l’attribution à Léonard de Vinci a prévalu. Il n’a pas formellement réussi à infirmer les arguments des opposants (tout aussi notoires).

Si les allégations du faussaire britannique, Shaun Greenhalgh, qui prétend être l’auteur du portrait s’avéraient un jour exactes, la Belle Princesse resterait bien sûr une œuvre magnifique, une bien grande œuvre, mais… l’œuvre d’un faussaire !


 

LA ROUTE DES VARÈGUES AUX GRECS

 

Parmi les premiers peuples qui s’installèrent sur les rives septentrionales de la mer Noire figurent les Scythes, nomades de souche iranienne, originaires d’Asie centrale. Ils peuplèrent les steppes de Russie méridionale vers le VIIIème siècle avant J.C. puis, après avoir assimilé la culture grecque, s’éteignirent aux environs du IIème siècle avant J.C., supplantés par de nouveaux envahisseurs : les Sarmates. Ces derniers ne résistèrent pas à la formidable poussée des Goths, envahisseurs germaniques qui, au IIIème siècle de notre ère, couvrirent les territoires compris entre la Baltique et la mer Noire.

Vers 370, se préparaient les fantastiques déplacements vers l’ouest de peuplades regroupées sous le vocable de « barbares », dans un mouvement irrésistible qui devait submerger les légions romaines de Pannonie un siècle plus tard. Les Goths furent repoussés par les Huns, dont l’empire ne survécut pas à la mort d’Attila en 453, remplacés à leur tour par les Bulgares et les Khazars d’origine turque.

On considère que les véritables ancêtres des Russes sont les Slaves, vraisemblablement originaires de la région du nord des Carpathes et, plus particulièrement, les Slaves orientaux, peuplades qui s’installèrent sur les territoires de la Russie centrale, après l’effondrement des Huns. Le qualificatif de « Slaves orientaux » permet de les différencier des Slaves occidentaux - futurs Polonais, Tchèques et Slovaques - ainsi que des Slaves méridionaux, ou Yougoslaves - Slaves du Sud - qui occupèrent les Balkans. Une partie de la nation s’installa dans les vastes steppes, où elle resta soumise aux invasions venues d’Asie, tout en payant le tribut aux Khazars, l’autre partie s’implantait dans les vastes forêts du Nord, pourvoyeuses de miel, de fourrures et de cire.

Les Slaves créèrent des cités fortifiées le long de la vaste plaine comprise entre la Baltique et la mer Noire. De rivières en rivières et de lacs en fleuves, naquirent ces villes de bois, près des confluents et des lieux de portage, où se multiplièrent fortins et villes retranchées, comme Kiev, Novgorod ou Smolensk.

Novgorod attire très tôt des marchands scandinaves (et les pillards) au cœur d’un territoire qui recevra le nom de Russie et s’ouvre largement sur l’Europe du nord, avec un commerce intense vers le Golfe de Finlande. Ainsi, la Russieva naître, pour une part du moins, de nécessités commerciales, avec l’expansion territoriale et l’organisation sociale qu’elles impliquent, notamment le travail collectif que le communisme n’a pas inventé.

D’après la Chronique de Nestor, attribuée à un moine du XIème siècle, principale source d’informations sur l’époque, le prince Varègue Riourik, originaire du Jutland, au Danemark, aurait répondu vers 860 à l’appel des marchands Slaves soucieux de voir l’ordre s’installer sur les territoires en butte aux rivalités des grandes cités et aux attaques des pillards (parmi lesquels les scandinaves figuraient d’ailleurs en bonne place !).

Il est donc établi que les Varègues furent à l’origine du premier Etat Russe et que leur prince, Riourik, fondateur de l’entité nationale, en fut le premier souverain, à l’origine d’une dynastie qui devait régner jusque en 1598, installée à Novgorod, la plus septentrionales des implantations slaves.

 

De la Baltique à la mer Noire s’établissait, d’une manière pérenne et sous la protection d’un pouvoir armé, une solide et puissante passerelle commerciale, en grande partie par la voie d’eau de la Volga au Dniepr, tant il est vrai que pour les hommes, comme pour les marchandises, ce type de déplacement restera non seulement une tradition, mais une impérieuse nécessité, dictée par la configuration du territoire et son immensité.            

La « Route des Varègues aux Grecs » était née, elle devait rester, pour les siècles à venir, le symbole de la richesse, de la prospérité, de la pénétration de la culture et du rayonnement de la foi chrétienne.

L’épopée des Varègues du Jutland, emmenés par leur chef Riourik, traça la voie royale reliant les principautés baltiques aux trésors de Byzance.

La route du grand commerce creusa le berceau de la jeune nation le long du fleuve Dniepr, favorisant la prospérité des cités de marchands et de Kiev sa capitale.

Ainsi naquit la Sainte Russie.


 

 

EX-VOTO : INSTANTS DE VIE DANS LA PROVENCE D'AUTREFOIS (16e, 17e, 18e, 19e siècles)

 

Objet offert à une divinité ou à un être surnaturel en exécution d’un vœu et en reconnaissance d’une faveur obtenue les ex-voto peints apparaissent en Provence au début du 16e siècle.Bien que n’ayant que peu d’intérêt d’un point de vue pictural, ils sont une très grande source d’informations. Les peintres à quelques exceptions près ne sont pas connus. Le tableau doit suivre une règle iconographique, à savoir deux espaces, le sacré avec le saint ou la Vierge dans un angle supérieur  et le profane où est relaté dans le détail l’accident, la maladie, la nature de l’intervention miraculeuse. Cet espace profane est riche en informations que ne nous donnent pas les vitraux, miniatures ou autre imagerie populaire. Les quelques quatre mille ex-voto peints de nos chapelles provençales sont donc d’un intérêt majeur dans la représentation des scènes de la vie courante où le danger menaçait à tout moment.

 

Quels étaient ces dangers ?

Une ennemie la maladie souvent interprétée comme une manifestation de la colère de Dieu. Les scènes peintes nous font entrer dans l’intimité de la famille, nous informent sur les maladies les plus courantes, les périodes où elles étaient les plus fréquentes, les traitements, nous pouvons même « assister » à des opérations qui se déroulaient dans des conditions plus que difficiles. Les grandes épidémies font l’objet de nombreuses représentations.

 

 Autres moments dangereux : l’accouchement et la petite enfance, la mortalité enfantine très importante pouvait être considérée comme une fatalité.

 

Très nombreux sont les ex-voto consacrés aux dangers et accidents de  la vie de tous les jours. La peur d’une mort subite sans avoir pu voir le curé et le notaire était très présente.

 

Les accidents de travail nous permettent de voir les conditions dans lesquelles les artisans et commerçants exerçaient leur métier. Les déplacements, autre moment dangereux, très nombreux, nous permettent de voir dans quelles conditions ils s’effectuaient, quelles étaient les marchandises transportées, on peut suivre l’évolution des moyens de transport…

Autre intérêt à observer attentivement les ex-voto, ils nous permettent de voir l’évolution des  techniques agricoles et d’avoir une représentation plus précise des installations très nombreuses en Provence telles que moulins à blé, huile, foulons, caves…  engrenages sans protection  et si dangereux.

 

Les phénomènes météorologiques violents inquiétaient et causaient des dommages, que faire si ce n’est implorer Dieu.

 

Les violences des guerres nous sont relatées que ce soient les grandes invasions de 1707, 1746, les violences révolutionnaires, les barricades de 1848 à Marseille ou l’insurrection populaire de 1851 jusqu’aux deux guerres mondiales.

En conclusion, bien que ne couvrant qu’une période assez courte du 16e au 19e  siècle les ex-voto peints sont d’une très grande richesse et il est regrettable qu’on ne les aient pas suffisamment protégés, considérés par l’église à la limite de la superstition, convoités par des marchands peu scrupuleux, surtout ceux concernant la mer ou simplement par ignorance ou négligence, il peuvent être étudiés d’un point de vue démographique, ethnologique, on peut y suivre l’évolution du costume ou du mobilier, du décor intérieur …à nous d’être attentifs en les observant.

 

Françoise  Rodet 

Petite enquête historique à la suite de la Conférence de Françoise RODET du 7 février 2018 sur les ex voto en Pays de Provence ... "UN CADAVRE QUI DONNE DES "SIGNES DE VIE" LE CAS DE L'ENFANT MORT-NÉ AU SANCTUAIRE À RÉPIT" 

Onglet "PATRIMOINE" sous-onglet "HISTOIRE"

 


 

LA CASTIGLIONE

L’EXTRAORDINAIRE DESTIN DE LA DAME DE CŒUR DE L’EUROPE

La Spezia 22 mars 1837 – Paris 28 novembre 1899

 Il était une fois… (Tous les contes de fée commencent ainsi)… Il était une fois, donc, une adorable petite fille aux longs cheveux dont les boucles nerveuses avaient des lueurs cuivrées. L’eau limpide de son regard d’un azur profond avait la pureté et la mystérieuse fascination qu’exerce la vertigineuse transparence du cristal.

Les fées s’étaient rassemblées autour de son berceau pour veiller sur ses rêves et ouvrir les portes d’un extraordinaire destin qui ferait d’elle une courtisane, « la plus belle femme de son siècle », « la Dame de Cœur » d’un des souverains les plus puissants d’Europe.

Une célèbre espionne aussi, mais surtout l’égérie d’un patriotisme italien avant la lettre, entièrement acquise (corps et âme, c’est le cas de le dire) à la cause de l’Unité Italienne !

Fille unique du marquis Filippo Oldoini Rapallini, elle grandit, insouciante et rêveuse. Triste sans doute des absences d’une mère entièrement préoccupée par ses nombreuses conquêtes masculines. En ce temps-là, un consensus amoral, à la mode vénitienne, concédait à la femme mariée au moins un amant que l’époux avait la bonne grâce d’ignorer avec beaucoup d’élégance. Le contraire eut été l’évidente manifestation d’une mauvaise éducation.

Elle s’appelait Virginia, on la surnomma Nicchia. Elle grandit à La Spezia, insouciante et grave à la fois, lorsque les jeunes pêcheurs la soulevaient pour la porter jusqu’à sa barque et qu’elle devinait leur émoi au contact de sa chair chaude et douce à travers le vêtement.

Elle avait cette gravité qui surprenait les amis en visite, subjugués par l’éclatante beauté de celle qui n’était plus tout à fait une petite fille mais pas encore femme. Même si, comme le dit fort joliment Alain Decaux dans l’ouvrage qu’il lui a consacré : sous le ciel d’Italie on est déjà intimement femme à douze ans ! Grave, elle l’était encore lorsqu’elle écoutait les discours du cousin Cavour, qui traçait devant son père, de sa voix convaincante aux accents inflexibles, le chemin du destin inéluctable de l’Italie. Perçut-elle alors que sa route croiserait un jour ce chemin à l’édification duquel le ministre avait voué sa vie, sans réserve ?

Après le « temps des contes de fées » vint le « temps du  destin » : elle épousa à 17 ans  le comte Francesco Verasis de Castiglione. Sans doute Cavour la poussa-t-il à l’adultère, conscient que sa beauté serait l’élément déterminant pour obtenir auprès de Napoléon III la contrepartie à la participation d’un corps piémontais dans la guerre de Crimée ?

C’est par une partie de canotage avec l’Empereur des français que commença le « temps de la tête dans les étoiles ». On ne sait pas avec certitude quand débuta la liaison régulière entre Virginia et l’Empereur. Sans doute à Plombières, où il prenait les eaux en 1856 (là où deux ans plus tard serait  décidée l’entrée en guerre pour soutenir la cause italienne).

L’adultère fit scandale et contraignit le comte de Castiglione à se séparer de sa femme. 

Le « temps de la disgrâce » devait sonner bientôt. La terrible bataille de Solferino mettait un terme à la guerre, au prix de pertes terribles, et l’armée autrichienne abandonnait la Lombardie. Celle qui avait été courtisée, adulée, adorée par tous les grands de ce monde, était contrainte de quitter Paris où elle ne revint qu’en 1863 pour vivre le « temps des obsessions ».

Folle ou artiste géniale d’une incroyable modernité, elle se mit en scène dans des prises de vue qui duraient des heures, jetant les bases de la photographie moderne.

Elle eut pour amants le duc d’Aumale, le duc de Chartres, les avocats Berryer et Léon Cléry, Thiers et Paul de Cassagnac, les banquiers Laffite et Rothschild.

Virginia avait quitté Paris en 1867 et totalement abandonné la photographie. Elle vécut depuis son exil italien le désastre de Sedan et l’effondrement de l’Empire. L’irréversible course du temps amena le « temps du naufrage », au seuil du déclin, là où l’image se fane.

Une fascination morbide pour la mort lui fit alors réaliser d’hallucinantes mises en scène photographiques comme de pathétiques funérailles de sa jeunesse et de sa beauté.

L’extraordinaire destin de la « Dame de Cœur » esthète, diplomate, courtisane, épistolière, pionnière de la photographie, s’acheva dans l’indifférence du siècle. Toi, le passant qui arpente les allées du Père Lachaise, arrête toi un instant devant la dalle grise et froide de la demeure d’éternité de celle qui fut le mythe moderne avant la lettre de la femme émancipée.


 

MYSTERIEUSE FORNARINA

ou les modèles impudiques des vierges de Raphaël

Fils de Giovanni Santi, peintre à la cour ducale d’Urbino, Raphaël vient au monde le six  avril 1483, quelques huit mois après la mort du duc Frédéric de Montefeltre qui donna à sa cité un rayonnement sans pareil.

L’environnement privilégié de la capitale des Marches avait favorisé la naissance d’un creuset culturel intense par la venue d’artistes comme Brunelleschi, Paolo Uccello, Piero Della Francesca, Luciano et Francesco Laurana. C’est dans ce climat que le jeune Raphaël effectue ses premières armes en peinture, avant de rejoindre la bottega de Pietro Vanucci.

Génie très précoce, Raphaël exécute ses premières œuvres à Pérouse et Città di Castello, avant de s’établir àFlorence, en 1504 où, au contact de Léonard de Vinci, sa quête d’absolu coïncida avec les aboutissements les plus élaborés de la culture de la Renaissance.

En 1509 il travaille à Rome, au décor des célèbres « Stanze » des appartements de Jules II.

En 1514, après la mort de Bramante, il est nommé architecte surintendant de Saint Pierre et commence les cartons des dix tapisseries pour la chapelle Sixtine, produisant de nombreux chefs-d’œuvre malgré ses lourdes charges de préfet des antiquités romaines.

 

La Fornarina est une peinture sur bois de 85 x 60 cm,  exécutée entre 1518 et 1519, d’abord nommé Portrait d’une jeune femme dans une lettre de 1595 destinée à l’empereur Rodolphe II, décrivant « un portrait en buste de femme nue, peint sur le vif par Raphaël ».

Conservée à la Galerie nationale du palais Barberini à Rome,  elle révèle une beauté tout aussi intemporelle que l’art de celui qui en fixa l’image. Un visage de femme aux grands yeux noirs, une pose languide et sensuelle, le ventre à peine couvert d’un voile léger, une écharpe en turban ornée d’un bijou entourant artistement la chevelure : c’est la Fornarina de Raphaël Sanzio, un des plus célèbres tableaux de tous les temps, exemple classique de la manière du peintre qui fit de ce visage un peu mystérieux un véritable canon de perfection.

Après un an de restaurations au cours de l’année 2000, la restitution de la splendeur originelle de la Fornarina est un véritable évènement car l’œuvre, tout autant que son sujet, firent toujours l’objet d’études et de recherches.

 

Il est probable que la peinture se soit trouvée dans l’atelier de Raphaël lorsqu’ilmourut en 1520. On a dit qu’elle fut retouchée et vendue par son élève Giulio Romano. On la retrouve au 16ème siècle chez la comtesse romaine Santaiora, puis chez le ducde Boncompagni.

Au 17ème siècle, le tableau entre dans les collections des princes Barberini. Mais c’est seulement dans les premières années du 18ème que commencèrent les recherches historiques sur la Fornarina. Parmi les documents consultés figurent les relations de Vasari qui évoquent « une femme particulièrement aimée de Raphaël ».

Ainsi se dessina l’auréole de romantisme qui allait entourer la figure du portrait, fille d’un boulanger du quartier de Trastevere, jusqu’au 19ème siècle, où un document des Archives vaticanes permit l’identification certaine de la beauté brune que le peintre immortalisa : elle s’appelait Margherita Luti. Elle restera pour tous, toujours et seulement, la Fornarina.

 

Les circonstances de la mort de Raphaël, le 6 avril 1520, restent mystérieuses, à mi-chemin entre mythe et réalité. Il est plausible que la cause en fut une fièvre aussi brève que violente et non l’abus des plaisirs amoureux, comme le dirent certaines chroniques malveillantes.

Etrange coïncidence, le jour de sa naissance fut, comme celui de sa mort, un Vendredi de la Passion ! Ce qui contribua fortement à auréoler sa vie de légende et de mystère et favorisa une tradition biographique établissant un parallèle entre le Christ « Dieu de la Nature » et Raphaël « Dieu de l’Art », un petit prince assis dans un jardin d’étoiles.

 

Une légende tenace affirme que c’est rue du Governo Vecchio que Raphaël fut subjugué par le regard de la jeune Fornarina penchée à sa fenêtre et fut transporté par une passion dévorante en découvrant son doux visage. Une inscription gravée dans la pierre garda longtemps la mémoire de ce véritable coup de foudre et marquait le lieu où habita « celle qui fut aimée de Raphaël et lui resta fidèle jusqu’au-delà de la mort, recluse dans le couvent de Sainte Apollonie ».

Aujourd’hui, si le mystère de la Fornarina reste entier, si le voile n’est que partiellement levé, méditons sur la phrase de Gustave Flaubert, dans son Dictionnaire des idées reçues, phrase qui sera le mot pour conclure : « c’était une belle femme, inutile d’en savoir plus long » !


 

LANGAGE SECRET DES MAINS ET DU REGARD

De la Dame à l’Hermine à la Jeune Fille à la Perle

un dialogue silencieux invite le spectateur

Les mains et le regard formulent des langages silencieux que l’on appelle langages non verbaux, dont la fugacité et l’évanescence se révèlent par le regard plus que par les mains.

Le mouvement des yeux vers un objet, un sujet ou un individu, constitue un support important de communication.

Souvent enjeu de pouvoir entre groupes sociaux, le regard peut modifier l’attitude du « sujet regardé » suivant la manière dont il y est soumis et selon l’attitude du « sujet regardant ». La manière dont un homme regarde une femme, par exemple, a le pouvoir d’influencer directement la manière dont elle se perçoit elle-même et donc d’établir la notion d’influence du regard sur le comportement.

Éviter un regard, détourner le regard, poser son regard sur quelqu’un, fixer quelqu’un, baisser les yeux… Voilà des indices importants de communication non verbale. Le sens, la valeur, l’importance dans les perceptions du regard d’autrui se définissent sur une échelle complexe de ressentis qui commencent par le regard dès le plus jeune âge comme canal de communication précoce entre la mère et l’enfant.

En peinture, comme dans nombre de disciplines artistiques, le regard est un élément important du portrait, de l’autoportrait et de la représentation des relations entre différents protagonistes. Il établit entre le sujet et le spectateur une relation réciproque dont l’intensité de perception des émotions peut atteindre un paroxysme et formuler avec force une présence précédant les mots.

Les mains, par le fait qu’il existe, entre le cerveau et celles-ci, plus de connexions nerveuses qu’avec toute autre partie du corps, formulent un langage non verbal d’une extraordinaire diversité. Mises en mouvement par une gestuelle complexe, elles sont le meilleur reflet des émotions humaines (les affects), d’une manière spontanée, instinctive, très visible car majoritairement exprimée spatialement en avant du corps de l’individu.

Le langage des mains intègre la définition même de l’esthétique par la transmission des émotions, avec pour objet les perceptions, les sens, le beau naturel ou artistique ou ce qui se rapporte au concept de l’art. Quasiment toutes les émotions, tous les états d’âme et toutes les dimensions affectives peuvent s’exprimer par le langage des mains.

 « C’est la gloire du peintre et du sculpteur que d’avoir fait éternelles ces mains qui, bientôt, sans eux, n’auraient été que poussière ou brouillard. »

…« La main de l’homme est posée sur la création comme le sceau du suprême artiste qui, son œuvre achevée, lui a confié le soin de la continuer »… Marcel Brion, Les mains dans la peinture.

Dans l’art pictural, l’image de la femme est indissolublement liée à son Histoire sans toutefois perdre de vue qu’elle ne lui appartint jamais totalement car presque toujours écrite par les hommes ! De l’Antiquité à la Renaissance et aux temps modernes, tour à tour muse inspiratrice, mystérieuse, fascinante, adorée, désirée ou rejetée, les métamorphoses de la femme sont multiples, complexes et évolutives, en fonction du statut que des siècles de cultures différentes lui ont conféré. La fascination exercée tient en grande partie aux mystères évanescents du langage des mains et du regard, à la fugacité du symbole dévoilé, repoussant souvent au second plan l’image saisie au préalable.

La Dame à l’hermine ou la Belle Ferronnière ?

Léonard de Vinci aime jouer avec les énigmes peintes et les symboles cachés. Le portrait représente Cecilia Galerani (1473-1536), devenue la maîtresse du duc de Milan Ludovic Sforza, à l’âge de 15 ou 16 ans. L’hermine établit sa relation avec le More qui avait été fait chevalier de l’ermellino (de l’hermine) par Ferdinand II, roi de Naples. Par ce subterfuge, montrant qu’elle tenait le duc dans ses bras, elle prouvait son ascendant et sa puissance !

En même temps qu’une note d’intimisme, une expression de vie intense se dégage de la tête et du corps de l’hermine (peut-être un peu trop gros) que caresse la main aux doigts fuselés (sans doute un peu grande elle aussi ?).

Qui est la Belle Ferronnière ? Béatrice d’Este, épouse du duc, ou Lucrezia Crivelli, puissante courtisane installée à la cour dès 1495, une autre de ses maîtresses ? Léonard aurait-il peint deux maîtresses du prince en jouant facétieusement d’une accentuation subtile de la ressemblance des deux dames ? Ou serait-ce la même personne ?

Par un étrange dialogue muet des mains et du regard, ces « belles dames du temps jadis » nous invitent à pénétrer l’intimité de leur jardin secret.

Le mystère du regard échangé n’échappe pas au regard de « l’autre ».

Le langage des mains et du regard livre les vibrations de l’âme. Ne dit-on pas que les yeux en sont le miroir ?

Il est des regards qui s’impriment dans nos souvenirs, des messages muets de mains immobiles ou animées qui marquent à jamais notre mémoire. Mains amoureuses, caressantes, ouvertes ou nouées, douces ou fortes, rassurantes ou implorantes, elles écrivent un langage muet qui a la force d’un cri.

Messages subliminaux porteurs d’empathie, de bienveillance et d’amour, ou chargés de symboles empreints de franchise, d’injonctions, de mise en garde que jamais n’effaceront la course du temps et l’oubli car, plus encore que dans le langage des yeux dont l’eau se trouble au choc des émotions, il n’est de véritable fidélité que dans le langage des mains.

La Jeune Fille à la perle  

Une robe d’intérieur moirée laissant apparaître une chemise blanche, un turban bleu et jaune noué sur la tête. Une lourde perle en boucle d’oreille focalise les regards, sublimée par le contraste clair-obscur entre le premier plan clair et le second plan foncé.

Le regard de la jeune femme a une précision incisive qui se dilue dans un flou augmentant au fur et à mesure que l’on s’éloigne du tableau. Les éclats de lumière dans le regard, le reflet du col dans le bas de la perle et les deux points blancs aux commissures des lèvres créent des effets réalistes et suscitent émotions et curiosité. Qui est cette jeune fille ?  Quel âge a-t-elle ?

Elle semble jaillir de l’ombre caravagesque et s’immobiliser comme dans un arrêt sur image que Vermeer aurait mentalement photographié pour le transposer sur la toile.

Ce portrait a suscité un tel intérêt que Peter Webber lui a dédié un film qu’il réalisa en 2003. La Jeune Fille à la perle y est incarnée par Scarlett Johansson dont la ressemblance avec le portrait de Vermeer est troublante et la trame est tirée du roman homonyme de *Tracy Chevalier qui imagina une histoire d’amour entre Vermeer et sa jeune servante Griet.

*La Jeune Fille à la perle – Tracy Chevalier. Editions Poche Gallimard. 2003

Fiction ou réalité ? Le mystère reste entier. Seul demeure le tableau, comme une trace floue et intemporelle du secret jamais dévoilé, interlocuteur silencieux d’un dialogue muet, jamais engagé, jamais achevé.

Le dialogue non verbal s’instaure avec le spectateur. 

En tout état de cause, il ne faut jamais perdre de vue que dans ce type d’analyse, le ressenti procède de notre subjectivité, laquelle se construit à l’examen d’œuvres extraites de leur fonction première et du contexte culturel et politique de leur époque.

L’idéalisation naturaliste qui nous interpelle s’est forgée, et fortement ancrée, dans la culture de notre temps. Elle ne peut être, en aucun cas, le seul angle d’approche dans l’interprétation d’une œuvre d’art.


 

PLANTES RARES ET PROTÉGÉES DE PROVENCE

Colchique de Cupani

Garidelle

Gnaphale des Marais

Ophrys de Philippe

Pivoine du Var

Notre région est une des plus riches  en espèces et en diversité botanique de France. C’est aussi l’une des régions les plus importantes en termes d’espèces rares ou menacées.

Mais qu’est-ce qu’une plante rare ?

C’est bien sûr une plante dont les populations sont réduites. Dans notre région certaines populations de végétaux, comme l’ophrys de Philippe,  présentent un effectif inférieur à 50 ! C’est aussi une plante dont la distribution géographique est très réduite. On parle alors d’endémisme restreint. Notre région en compte de nombreux exemples. C’est le cas de la roulée d’Arnaud dont les populations mondiales s’échelonnent le long d’un cordon littoral varois d’un kilomètre ! Une plante peut être d’ailleurs rare ici et très fréquente ailleurs. Par exemple, le gnaphale des marais est protégé en région PACA mais très ordinaire dans les landes du Massif Central.

Une plante protégée n’est pas forcément esthétiquement belle mais quand elle est particulièrement splendide cela peut participer à sa raréfaction et donc à sa protection (par exemple, la pivoine dans l’arrière-pays).  Pourquoi protège-t-on des plantes ? D’abord, parce que leur rareté pourrait entraîner, sans protection, leur disparition. Ensuite, protéger une espèce c’est protéger le milieu dans lequel elle vit. On a ainsi pu mettre hors de danger d’urbanisation des territoires grâce à la protection d’une ou deux espèces qui y vivaient. Protéger une espèce, c’est aussi garantir la biodiversité et éviter les extinctions. Une fois éteinte, l’homme n’étant pas (encore !) un démiurge, il est très difficile d’envisager une réapparition de cette espèce dans la nature. Ensuite, la protection de l’endémisme implique une prise en compte du caractère exceptionnel d’une espèce dans un territoire réduit.

Par ailleurs, on protège aussi des espèces parce que de manière traditionnelle, ces plantes sont cueillies et que cela contribue à leur raréfaction (exemple: le houx). Enfin, certaines espèces sont protégées parce qu’elles représentent une menace pour les écosystèmes. La Caulerpa taxifolia ou algue tueuse en est un exemple.

 

La conférence montrera ensuite quelques exemples de ces végétaux très rares qui sont parmi les plus rares de notre pays : 3 exemples pris dans cette liste:

> L’ophrys de Philippe (Ophrys philippi) est une orchidée remarquable: découverte à la fin du XIXème siècle par Grenier, elle fut totalement oubliée au XXème siècle puis redécouverte au début du XIXème siècle dans les environs de Belgentier. C’est une des orchidées les plus rares du monde !

> Le colchique de Cupani (Colchicum cupanii) était une espèce rarissime qu’on avait décrite dans les environs d’Antibes au XIXème siècle. La dernière description de cette espèce remonte à 1926 puis elle a disparu de France. Elle est réapparue dans les environs de La Motte (Var) il y a à peine cinq ans!

> La garidelle (Nigella nigellastrum) est une plante des moissons relativement commune à la fin du XIXème siècle dans les agrosystèmes provençaux. La culture intensive et l’usage répété des pesticides la fera décliner jusqu’à ce qu’à la fin du XXème siècle, il n’existe plus qu’un seul pied de cette espèce en France !! ( lui garantissant du coup le titre peu envié de plante la plus rare de France!). Les efforts des protecteurs de la nature ont réussi à doucement faire remonter les populations de ce taxon si rare à quelques centaines …

Thierry Ménard


GEORGE SAND, LA DAME DE NOHANT

ASSOCIATION TOURRETTES HÉRITAGE
22 Novembre 2017
Gérard Saccoccini

LA DAME DE NOHANT - Hommage à George Sand.

« … un cœur lumineux, une belle âme, un généreux combattant du progrès, une flamme dans notre temps. »

(Victor Hugo)


Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, arrière-petite fille du maréchal Maurice de Saxe, vient au monde à Paris le 1er juillet 1804, 15 rue Meslay (aujourd’hui n°46, dans le 3ème arrondissement) et passe les trois premières années de sa vie dans un modeste logis, rue de la Grange-Batelière. 

Romancière, critique littéraire, journaliste, auteur dramatique elle est un des écrivains les plus prolifiques des lettres françaises. Son engagement politique détermina sa lutte contre les préjugés et son combat pour la défense de la condition des femmes dans une société conservatrice qui lui a fait prôner l’apologie de la passion au détriment du mariage qu’elle fustigeait.

Très engagée politiquement, elle a mis sa plume au service de la question sociale, de la défense des ouvriers et des pauvres dans des œuvres comme Le Compagnon du Tour de France, imaginant une société sans classes et sans conflit  qu’elle dessine dans Mauprat et Le Meunier d’Angibault.

Ses romans champêtres comme LaMare au Diable, François le Champi, La Petite Fadette, Les Maitres sonneurs, livrent un aspect sans doute idéalisé mais synthétique du monde paysan et de l’amour sans réserve qu’elle porte à sa terre natale du Berry.

Sa vie amoureuse agitée fut traversée de passions fulgurantes et de liaisons tapageuses dont le feu dévorant consuma souvent la durée. Faisant fi de l’opinion et du scandale suscité par sa tenue vestimentaire masculine, par ses « outrances », par ses attitudes (elle fume en public !), l’adoption du pseudonyme masculin procède d’une même volonté d’indépendance et d’un même désir d’affranchissement. Ils se manifesteront chez Marie d’Agoult, qui signait ses écrits Daniel Stern, et chez Delphine de Girardin qui utilisait celui de Charles de Launay.

Avec ces pionnières, elle fut fondatrice avant la lettre du « féminisme » et il suffit, pour s’en convaincre, de lire les pamphlets virulents, violents et parfois orduriers de ses détracteurs dont les plus farouches furent Baudelaire et Barbey d’Aurevilly, pour appréhender le fondement même de son combat.

Elle fut l’amie de Flaubert, de Balzac, d’AlexandreDumas et de bien d’autres encore. Elle fut le soutien indéfectible de Victor Hugo qu’elle défendit mais ne rencontra jamais. Quelle plus belle reconnaissance pouvait-elle recevoir que ces mots que prononça cegéant de la littérature française : « George Sand est un cœur lumineux, une belle âme, un généreux combattant du progrès, une flamme dans notre temps. C’est un bien plus vrai et bien plus puissant philosophe que certains bonshommes ou moins fameux du quart d’heure que nous traversons ».

Au faîte de la célébrité, elle qui fut une des plus grandes séductrices de son temps, rencontra Alexandre Manceau, auteur dramatique et graveur ami de son fils Maurice. Elle avait treize ans de plus que lui, mais elle fut séduite par ses attentions, sa prévenance, son intelligence et sons sens artistique. Il devint son secrétaire, puis son amant, et elle vécut alors quelque chose de nouveau, presque incroyable : une relation sereine et paisible qui dura quinze ans, au cours de laquelle elle écrivit près de cinquante œuvres !

Révoltée contre les conventions sociales, elle a imposé une liberté d’esprit et de mœurs, un féminisme farouche, une volonté pugnace de réhabilitation de la femme et des prises de position indéfectibles en faveur des classes défavorisées de nature à bousculer la bien-pensance de l’époque.

A la nouvelle de sa mort, le 8 juin 1876, Victor Hugo déclara «Je pleure une morte, je salue une immortelle ! ».

Elle fut « la Dame de Nohant »…

Elle demeure la grande dame des Lettres françaises.


 

L’HISTOIRE PEU COMMUNE DES NOMS PROPRES

Au travers des générations, depuis le lointain ancêtre fondateur de la lignée, les origines de nos patronymes constituent l’histoire captivante du nom transmis.

En règle générale, dans l’Antiquité, l’individu est désigné par un nom unique attaché à sa personne jusqu’à la mort, sans qu’il soit héréditaire, même si ses descendants feront parfois référence à la notoriété du père en faisant précéder leur nom du vocable « fils de… ». Lequel est à l’origine de l’usage du patronyme.

Chez les Romains, les gens du peuple portent deux noms : le prénom et le cognomen, lequel était donc un surnom.

Les citoyens de Rome utilisent un système plus complexe impliquant trois noms : le prénom (praenomen), associé au gentilice (nomen) désignant le groupe familial, et le cognomen, devenu nom de famille.

Jules César, ainsi nommé pour la postérité historique, s’appelle en réalité Caius Julius Caesar c’est-à-dire : Caius pour praenomen, Julius étant le nomen identifiant de la famille des Julii, et Caesar cognomen initiant sa lignée.

Il est utile de rappeler qu’en France les noms utilisés procèdent des origines diverses d’une population constituée au cours des siècles par les invasions, l’installation de  colonies de peuples migrants et l’immigration concertée. Chaque groupe a apporté avec lui ses usages, ses coutumes et sa langue propre et, par conséquent, ses propres noms.

Chaque nom a une signification précise, ce qui indique que l’onomastique est étroitement liée à la linguistique et à l’histoire anthroponymique.

Incontournables pour individualiser chaque élément d’une société humaine, les noms se sont ensuite classés en trois types :

-  le prénom qui, au cours de l’ère chrétienne, devient le nom de baptême donné à la naissance et dont l’usage cultuel a voulu qu’on en reçoive plusieurs ;

-  le surnom, attribué au cours de la vie, appelé aussi sobriquet, qui parfois peut être dérisoire mais plus souvent attaché au métier exercé ;

-  le pseudonyme, que l’on s’attribue soi-même pour des raisons diverses et variées.

Les intendants et fermiers généraux du royaume étant souvent confrontés aux difficultés inhérentes aux fréquents et faciles changements de noms, Louis XI prend en 1474 une ordonnance qui interdit d’en changer sans une autorisation royale. Ce n’est qu’en 1539, sous le règne de François 1er, à la promulgation de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, que l’Etat Civil en tant qu’institution voit le jour, rendant obligatoire la tenue de registres qui sera confiée au Clergé, mais ne concernera bien sûr que les gens baptisés.

Les noms de famille sont aujourd’hui en principe uniques et héréditaires. En Espagne subsiste l’usage de porter le nom maternel accolé au patronyme pour établir la filiation. En France, certaines lois récentes donnent la possibilité à l’enfant de n’adopter que le nom de l’un ou de l’autre des géniteurs.

Ce sont les péripéties mouvantes et oh combien captivantes de l’onomastique… Voilà l’histoire peu commune des noms propres !


 

LA CHAPELLE SIXTINE DES ALPES DU SUD

NOTRE DAME DES FONTAINES A LA BRIGUE

LES FRESQUES DE JEAN CANAVESIO ET JEAN BALEISON

Dans la 2ème moitié du XVème siècle, nobles, riches marchands et ecclésiastiques composent une élite, férue de culture, pénétrée de l’humanisme légué par les peintres allemands et flamands venus travailler à Gênes, à Taggia et à Genève, alors possession savoyarde, par la proximité des routes du grand commerce véhiculant les œuvres  d’art, influa, par ses goûts et par la mode sur le travail des maîtres « provençaux ».

La « peinture provençale » affinée, assouplie, par les influences de la Renaissance lombarde toute proche, acquière un caractère plus humain, plus fluide et met en scène un modelé raffiné, une science de l’espace perspectif, une maîtrise des ombres portées et de la lumière alliés à une grande puissance plastique de la représentation des personnages.

Le transport du sel, élément vital pour l’alimentation des hommes et du bétail, ainsi que les nécessités imposées par l’organisation technique du monopole (stockage, distribution), dicteront l’aménagement d’artères de parcours dites « routes du sel » pour les animaux de bât du sud vers le nord. La précieuse denrée, provenait des salines provençales d’Hyères et était exporté vers le Piémont, entraînant naturellement tout un courant commercial actif le long de ces voies ancestrales parsemées d’oratoires et de chapelles votives. De là les nombreuses dédications à Notre Dame du Vœu ou, plus fréquemment, à Notre Dame du Bon Voyage !

Dans le haut pays niçois, comme d’ailleurs partout en Ligurie et en Piémont, les vallées formaient jusqu’au XIXème siècle des mondes à part, vivant pratiquement en autarcie, reliés de façon incommode aux autres petites communautés humaines par des sentiers franchissant les cols, souvent perpendiculaires à l’orientation des vallées.

Pour permettre à la vie sociale de se développer harmonieusement, depuis les débuts des temps chrétiens, l’embryon d’instruction civique codifiant les rapports des hommes d’une communauté fut enseigné par l’image avant même  l’apprentissage de l’écriture.

Conçue comme une sorte de « tapisserie du pauvre », la décoration murale avait avant tout un rôle didactique auprès des chrétiens, ce qui explique la naïveté de l’histoire contée, scandée de panneaux nettement séparés pour une meilleure lisibilité.

Le chapelain de Pignerol Jean Canavesio, avec son ami et collaborateur Jean Baleison, bien qu’ultramontains, ont réalisé la majeure partie de leurs œuvres sur le versant occidental des Alpes, s’affirmant comme les chefs de file de cette période dite de « l’expressionnisme populaire ». Commis à la décoration de Notre Dame des Fontaines à La Brigue, en pays niçois, ils réalisèrent un sublime livre d’images et composèrent une merveilleuse « Bible du Pauvre ». Les célèbres scènes de la Vie de la Vierge de Baleison et celles de la Passion de Canavesio allient la plus délicate expression de la noblesse et de la pureté virginale à l’accent le plus violent, le plus brutal, le plus tourmenté de l’horreur.

Dans cette « Chapelle Sixtine de la Provence », le choc violent des contrastes et l’importance du graphisme renvoient aux influences germaniques d’un Schongauer ou d’un Mathias Grünewald. Ils placent l’œuvre à la charnière du monde gothique et de la Renaissance et resserrent l’inextricable lien de toutes les époques de l’art pictural avec l’art graphique des hommes de la préhistoire.

Nos lointains ancêtres inventèrent l’image pour dessiner les mots. Le mot « dessiné » composa les phrases du premier langage universel pour l’enseignement du premier code de vie en société, de la première leçon d’instruction civique.

La peinture apporta à cette « Bible du Pauvre » l’émotion des couleurs… Et la musique des chants rituels les vibrations de l’âme !

L’ECRITURE DE L’IMAGE ……….

Le développement hiérarchisé des sociétés primitives, l’émergence d’un pouvoir centralisé et la naissance des religions, ont créé le besoin de l’écriture.

A l’orée des temps bibliques, sur un chemin qu’il mit des millénaires à parcourir, l’homme a commencé à communiquer par l’image figurative qu’il fit entrer, peu à peu, dans un système de codification complexe.

Les images représentées ont rendu visible l’objet signifiant.

Lentement, les figurines et les pictogrammes composèrent un mode de lecture associant la phonétique aux symboles : le verbe était né. Il donnera naissance à l’écriture.

L’image devint mot et les images assemblées formèrent des phrases… Puis des livres de pierre.

Pour créer le lien entre « l’écriture de l’image » et la « lecture » de celle-ci, il fallut codifier les attitudes, les postures, les statures, la gestuelle et les couleurs.

L’ère chrétienne rendit incontournables tous ces critères : ils devinrent canoniques pour que l’art pariétal rende visibles les messages chrétiens invisibles.

Ainsi naquit la Bible du Pauvre…


 

 

LES PÉNITENTS À TRAVERS LES ÂGES

Par Gérard Saccoccini

 
La primauté de l’homme spirituel sur les laïcs a été confirmée au 11ème siècle par la réforme du pape Grégoire VII. L’idée s’est alors répandue que seuls les religieux seraient sauvés, de par leur volonté de retrait du monde, et que c’était grâce aux prières des clercs que les laïcs gagneraient leur salut. En réaction à cet état de choses, les laïcs furent à l’origine de la floraison d’initiatives qui devaient leur permettre d’obtenir un accès compensatoire à la spiritualité et, par là même, à retrouver une représentativité perdue au sein de l’Église. L’action caritative en est la principale manifestation.

Dans une société patriarcale limitant le rôle sociétal de la femme au statut mineur  d’épouse et de « génitrice », les membres des confréries seront pour longtemps des hommes exclusivement. Que ce soit pour les manifestations religieuses ou de charité, ils portent une robe très simple, appelée chemise ou sac, nouée à la taille par une corde, symbole d’obéissance aux commandements de Dieu, aux statuts de la confrérie et à l’autorité du prieur. Celui-ci est démocratiquement élu par l’assemblée des membres réunis une fois l’an et généralement tenue lors de la Semaine Sainte.

Avec le surplis couvrant les vêtements, la cagoule est obligatoire pour le service et correspond à la volonté de n’obtenir aucun satisfecit personnel pour les actions charitables pratiquées, de rester humblement anonyme et d’effacer sa personnalité au profit de l’action de groupe, afin que celui qui reçoit l’assistance n’ait que Dieu à remercier du secours reçu.

Bien que les confrères ne soient pas des religieux, le port de la « robe » a assujetti les confréries au droit canon.

L’Église a toujours manifesté beaucoup de défiance envers les sociétés pratiquant les mortifications et la démonstration publiques de la pratique individuelle de la pénitence, elle a par contre reconnu l’importance et la nécessité de soutenir, accompagner et encadrer l’œuvre caritative des confréries. L’évolution de l’importance de leurs actions était un bon révélateur de l’état dans lequel se trouvait la société au travers des âges.

Puis vint la Révolution et la suppression de toutes les sociétés religieuses. Certaines, moins nombreuses, se recréèrent à la Restauration dans un monde devenu moins religieux. L’accaparement par l’État des actions sociales, tout d’abord, puis la séparation de lÉglise et de l’État en 1905 et le dépeuplement après la Première Guerre mondiale, entraîneront finalement leur disparition, exception faite des confréries de l’ancienne Comté de Nice qui conserveront une certaine vigueur.

Devenues aujourd’hui des conservatoires de la foi, de l’assistance caritative et de la culture régionale elles affichent une recrudescence d’intérêt et d’adhésion de la part de jeunes inquiets de la perte de repères d’un monde à l’évolution parfois inquiétante. L’organisation « Maintenance des Confréries de Pénitents » de langue d’oc, créée en 1926 par Frédéric Mistral et le cardinal de Cabrières, les regroupe et en maintient le lien.

Associées à certaines confréries de Corse, de la Principauté de Monaco et du nord de la France, tout en poursuivant leur but religieux, elles s’investissent dans la gestion d’établissements de soins, de logement des sans abri, de la réinsertion des prisonniers libérés, de la distribution de repas etc… Elles peuvent obtenir la reconnaissance d’utilité publique et, à ce titre, bénéficier de subventions.

Ainsi prend toute sa force ce mot d’Hervé Barelli : « Etre pénitent n’a donc jamais signifié, exclusivement, la recherche de l’expiation individuelle et solitaire mais aussi la volonté de partager avec tous ceux qui souffrent une part de leur fardeau. »

VOIR AUSSI ONGLET "PATRIMOINE" RUBRIQUE "HISTOIRE" :

PÉNITENTS GRIS, PÉNITENTS BLANCS

Quelle est leur histoire ?

Gérard Saccoccini


 

CONFÉRENCES A TOURRETTES

CYCLE 2017-2018

Les Mercredis, 18 h 00, Salle des Romarins

 

04  Octobre  2017

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

LES CONFRÉRIES DE PÉNITENTS A TRAVERS LES ÂGES

Origines, le temps de la grâce, les pénitents : qui sont-ils ?

Prosélytisme et fonctions caritatives. Apogée du XVII° siècle.

Le déclin et leur place dans la société moderne.

18  Octobre  2017

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

LA CHAPELLE SIXTINE DE LA PROVENCE

A Notre Dame des Fontaines, les fresques de Baleison et Canavesio apportèrent à « la Bible du Pauvre » l’émotion des couleurs.

08 Novembre  2017

Charles Tinelli

Conférencier en histoire de l’Art et des Sociétés, professeur de Littérature.

L’HISTOIRE PEU COMMUNE DES NOMS PROPRES

Les origines et les liens de nos patronymes, une histoire captivante du nom transmis au travers des générations depuis l’ancêtre fondateur de la lignée.

22 Novembre 2017

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

LA DAME DE NOHANT - Hommage à George Sand.

« … un cœur lumineux, une belle âme, un généreux combattant du progrès, une flamme dans notre temps. »  (Victor Hugo).

06 Décembre  2017

Thierry Ménard

Botaniste, Professeur agrégé de sciences de la nature

PLANTES RARES ET PROTÉGÉES DE PROVENCE – ALPES - CÔTE D’AZUR

Une invitation à la balade autour des végétaux les plus rares de notre région

20 Décembre 2017

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

LE LANGAGE SECRET DES MAINS ET DU REGARD

L’image de la femme dans la peinture. Par le regard, la gestuelle des mains, de la Dame à l’Hermine à la Jeune Fille à la Perle, un dialogue silencieux prend forme entre le sujet et le spectateur.

17 Janvier  2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

LA FORNARINA, les modèles impudiques des Vierges de Raphaël.

Les sept secrets d’une mystérieuse maîtresse qui fut aimée de Raphaël et lui resta fidèle jusqu’au-delà de la mort, recluse dans le couvent de Sainte Apollonie à Rome.

31 janvier  2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

L’EXTRAORDINAIRE DESTIN DE LA CASTIGLIONE

La rayonnante beauté de la belle comtesse, la plus belle femme de son temps, immortalisa l’image de celle qui fut maîtresse de Napoléon III et « Dame de Cœur de l’Histoire » !

07 février 2018

Françoise Rodet

Enseignante retraitée,

passionnée par l’art populaire de l’ex-voto.

EX-VOTO : INSTANTS DE VIE DANS LA PROVENCE D’AUTREFOIS.

Ces petits tableaux votifs aux murs de nos chapelles provençales ou dans un coin sombre d’une abside offrent à qui prend le temps de les observer des «instants» d’une vie quotidienne souvent difficile.

21 février  2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

HISTOIRE DE LA ROUTE DES VARÈGUES AUX GRECS

Le prince Riourik, Varègue venu du Jutland, répondit vers 860 à l’appel des marchands des principautés baltiques et leur ouvrit la route de la Mer Noire vers les fabuleux trésors de Byzance.

 

14 Mars  2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

 

 

L’ÉNIGME DE LA PRINCESSE PERDUE de Léonard de Vinci

Comment un tableau anonyme " allemand XIXe siècle " acheté par un collectionneur américain serait un Léonard de Vinci estimé à plus de 140 millions de dollars aujourd'hui.

21 Mars  2018

André Rosenberg

Professeur de Lettres Honoraire,Docteur en Histoire

 

 

                                                                                  HÉLOÏSE ET ABÉLARD

 

 

Quand la passion charnelle devient lien indéfectible.

Abélard, théologien et philosophe, fut le témoin éminent de la civilisation du second Moyen âge. Sa liaison avec Héloïse s’impose comme modèle de l’amour courtois et, peut-être, comme mythe fondateur de l’amour libre ?