on retrouve ce blason de Grasse dans celui de Tourrettes ...

Cathédrale de Grasse

Reliquaire de Saint Honorat (cathédrale de Grasse)

Pierre-Paul Rubens (cathédrale de Grasse)

GRASSE, CITE EPISCOPALE ET CONSULAIRE

 

Le 4 février, un petit groupe de l’Association Tourrettes-Héritage partait à la découverte de Grasse, capitale mondiale des parfums et berceau du peintre Jean-Honoré Fragonard, en complément à la conférence « Les Hasards Heureux de l’Escarpolette », donnée à Tourrettes le 15 janvier dernier.

Issue d’une bourgade du Xème s., la ville est bâtie à la croisée des grandes voies de communications Nord-Sud, unissant les territoires de la Provence orientale intérieure au littoral, et Est-Ouest, unissant le comté de Nice à la Provence rhodanienne.

Elle est adossée aux ressauts préalpins parallèles, orientés Est-Ouest, qui intègrent de vastes « plans » en escaliers dévolus à la culture de l’olivier et de l’oranger pour les plus tempérés.

Contenus entre leurs crêtes, les cours d’eaux « cherchent » le chemin de la mer et se fraient un passage perpendiculaire aux reliefs, entaillant le massif karstique de gorges étroites et impressionnantes.

Dans cette Provence orientale, les villages furent créés entre le XIème et le XIIème s. pour regrouper les communautés rurales et les sécuriser autour des châteaux. Le XVème siècle caractérisé par les guerres fréquentes et les épidémies verra le dépeuplement et l’abandon de ces sites qui ne garderont que peu de vestiges du Moyen Age. La reprise économique ne se manifestera qu’après le rattachement des terres de Provence à la Couronne, en 1482, avec le renouveau et la prospérité retrouvés au début du XVIème siècle.

 

Dépendante de l’évêché d’Antibes installé depuis 442, la ville bénéficie en 1244, par une bulle du pape Innocent IV, du transfert du siège épiscopal pour des raisons multiples, entre autres et en priorité, la volonté de s’éloigner du rivage pour se mettre à l’abri des razzias sarrasines.

De plus les désaccords fréquents, les controverses et les oppositions entre l’évêque et ses chanoines, n’étaient plus de nature à garantir la sérénité nécessaire à l’administration du diocèse.

Enfin, le souhait des comtes de Provence était de voir l’évêché installé sur un territoire relevant de leur autorité.

Devenue ville libre en 1155, à la faveur de luttes entre les feudataires de la famille Rodoard et l’évêque d’Antibes, dont l’autorité demeurait entière au titre du statut co-cathédral, elle fut le siège d’un consulat établi sur le modèle des cités-état italiennes. Les comtes de Provence prirent souvent ombrage des volontés d’indépendance de la petite république et de sa puissance économique à la croissance exponentielle.

Des liens commerciaux étroits et fructueux furent tissés avec Gênes, en 1171, puis avec Pise en 1179. Les échanges se faisaient par la mer, vers le port de Néapolis (La Napoule) et les marchandises étaient acheminées vers Grasse soit par le charroi suivant la vallée de la Mourachone, vers Mouans-Sartoux, soit par le cours de la Siagne, vers Auribeau, au moyen de barges plates halées depuis les rives.

La population s’accrut considérablement pendant un siècle, à tel point que la petite enceinte implantée sur l’éperon du Puy ne suffit plus à la contenir. La ville s’étendit alors vers le Nord et une nouvelle enceinte, percée de trois portes, fut construite dans la deuxième moitié du XIIIème s. Les fossés, au pied des murailles, furent longtemps le théâtre de parties de jeu de paume à main nue. Une fois les muraille abattues, l’artère construite sur leur emplacement fut tout naturellement nommé boulevard du Jeu de Ballon.

 

La prospérité de la petite cité tenait à une importante industrie de la tannerie, traitant les cuirs locaux et les peaux importées d’Espagne ou de Sicile, de laquelle naîtra une nouvelle catégorie sociale : les gantiers-parfumeurs. Les tanneurs grassois utilisaient largement, mêlée aux aromates et à la chaux, de la poudre de feuilles de myrte broyées qui donnait aux cuirs une magnifique couleur verte, objet de leur renommée.

A la Renaissance, la mode de parfumer les gants venait d’Italie. Lorsque le gant perdit son symbole de statut social, l’activité, sous le règne de Marie de Médicis, évolua naturellement vers le métier de parfumeur, favorisé par un climat exceptionnel permettant la culture des plantes essentielles les plus prestigieuses. La reine de France libéra, par décret royal, la toute nouvelle corporation de la sujétion aux apothicaires, eux-mêmes assujettis à l’autorité du corps des médecins.

La corporation s’organisa en entité indépendante qui reçut ses propres statuts en 1724, initiant une synergie croissante de développement commercial, exponentiel jusqu'à nos jours.

 

La promenade débutait par la Place des Fainéants (faix néant : portefaix, pas de confusion), proposait la découverte du centre historique avec la Place aux Aires, où l’on pratiquait l’étalonnage des instruments de mesure et d’arpentage (aires), traversée par un grand canal d’eaux vives bordé d’arcades qui alimentait les bassins dans les caves des maisons des tanneurs pour laver les cuirs. Face à la belle fontaine de 1821, la maison de Maximin Isnard, riche négociant tanneur et père du conventionnel girondin, est un très bel exemple des constructions du XVIII° siècle. La superbe porte aux vantaux de noyer massif est surmontée d’une magnifique grille en fer forgé bordant l’élégant balcon sur colonnes. La rue de l’Oratoire, du nom de la chapelle construite en 1632 par les frères de la congrégation homonyme, conduit à la rue de la Rêve Vieille, où l’on acquittait les taxes sur les marchandises entrant en ville, et débouche sur la Place aux Herbes (ou Place du marché). La Rue Droite, reliant les anciennes portes Est et Ouest était qualifiée par le mot drecho (droit) qui désignait non pas la rectitude de la voie principale, mais la voie la plus directe, bien que très sinueuse, pour aller d’une porte au centre de la ville, à la place du marché.

 Longeant le barri (muraille), vestige de la première enceinte entourant le Petit Puy (podium, plate-forme) on atteint l’imposante Tour de l’Evêque, en tuf de fontaine, jouxtant l’Hôtel de Ville, ancien siège épiscopal aux beaux appareillages de pierre noble.

La cathédrale Notre Dame du Puy, édifice caractéristique de l’art roman en Provence orientale, aux accents Ligures, est dépourvue de transept. Construite en belles pierres de calcaire blanc, elle abrite, entre autres, trois toiles de Rubens, le Lavement de Pieds de Fragonard, le retable de St. Honorat de l’école niçoise du XV° siècle, l’orgue aux quarante jeux du facteur Jungk de Toulouse. Au-dessus du maillage serré des venelles du Moyen-âge, dominant la rue Tracastel (entre les « châteaux ») surgit le gracieux clocher aux tuiles vernissées de la chapelle du couvent des Visitandines. Bien que cloitrées, elles accueillaient les jeunes filles issues de la bourgeoisie grassoise à qui elles enseignaient la fabrication de dentelles, de broderie et de pommades et onguents.

La rue Jean Ossola offre d’intéressantes façade d’anciens hôtels particuliers qui abritent le Musée du costume et le Musée des Beaux-Arts aménagés par les propriétaires de la parfumerie Fragonard.

L’ancien hôtel Pontévès-Morel (1779) - belle demeure provençale qui abrita Pauline Borghese en 1811- qui donne sur le célèbre Square du Clavecin dans lequel la statue de Fragonard (Auguste Maillard 1907) semble méditer, inspiré par sa muse.

 

L’après-midi était consacré à la visite de la Villa Fragonard, belle bastide provençale qui fut la résidence du riche négociant Alexandre Maubert, cousin du peintre Jean-Honoré Nicolas Fragonard, né à Grasse le 5 avril 1732.  Il fut un des plus grands peintres rococo, peintre d'histoirede genre et de paysages, assez rapidement spécialisé dans le genre libertin et les scènes galantes, comme le montre son célèbre tableau Le Verrou. Il ramena à Grasse les quatre grands tableaux muraux exécutés pour la comtesse du Barry qu’elle refusa, arguant que ces « tartouillis » étaient passés de mode. Les panneaux qui sont aujourd'hui conservés à Grasse dans la villa, qui est devenue le musée Jean-Honoré Fragonard, sont des copies réalisées par Auguste de La Brély, avant la vente des originaux au collectionneur américain Pierpont-Morgan (ensuite achetés par Frick en 1915, ils sont aujourd'hui conservés à la collection Frick de New York).

Fragonard est mort le 22 août 1806, Paris.

 

Une autre grande figure de la ville de Grasse était évoquée avant de quitter la Capitale mondiale des parfums : François Antoine Léon Chiris, né le 13 décembre 1839 et mort à Paris le 16 janvier 1900.

 Il fut un des plus grands industriels de la parfumerie et un homme politique français, député et sénateur des Alpes-Maritimes sous la Troisième République.

Fils de Léopold Chiris (1811-1862), important industriel négociant en parfumerie, héritier du parfumeur italien Antoine [de] Chiris en 1768, et de Claire Isnard (1816-1897), fille d'un banquier. Léon fut aussi le petit-neveu par sa mère de Maximin Isnard, député du Var à la Convention nationale.

En 1868, à Grasse, il transféra son usine de la Place Neuve dans l'ancien couvent des Capucins et fut le premier industriel de la ville à faire fonctionner ses machines à la vapeur. Il importait le musc de Chine, la badiane du Tonkin, le benjoin de Cochinchine, le patchouli et la citronnelle d'Indonésie et des Philippines, l'ylang-ylang de Madagascar. La notoriété des parfums Chiris était à son apogée à la fin du xix° siècle : la reine Victoria rend visite à Léon Chiris en 1891 dans sa villa Saint-Georges à Grasse.

L'industriel utilisa en 1894 la technique des solvants volatils pour l'extraction des parfums et inaugura en 1899 une nouvelle usine à Grasse, « la Mosquée », copie de l'usine construite à Boufarik.

Avec son concurrent, les établissements Roure-Bertrand fils, il fut à cette époque l'un des plus gros producteurs de parfums au monde, qui forma le jeune François Coty à l'art du parfum !

 

Nombre de participants « connaissaient » Grasse. Certains sans conviction ou intérêt particulier, beaucoup sans manifester le désir de s’y arrêter.

Tous ont été surpris et enchantés de cette découverte insolite et enrichissante.

 

 

 

 

 

 

 

Villa Musée Jean-Honoré Fragonard (la cage d'escalier)

Jean-Honoré Fragonard

Alexandre-Evariste Fragonard et la peinture d'histoire (fils de Jean-Honoré)

Marguerite Gérard et la peinture de genre (belle sœur de Jean-Honoré)

Les découvertes insolites proposées par Tourrettes Héritage

 

Le samedi 30 novembre 2019, l’Association Tourrettes Héritage a organisé une journée de visite du vieux Vintimille et de la cité médiévale de Vallebona, en Ligurie.

 

La découverte animée et commentée de la Cité Haute de Vintimille a permis de pénétrer les secrets d’une petite ville endormie, hors des sentiers battus, dans laquelle le temps semble s’être arrêté.

Capitale de l’ancienne nation des Ligures Intemelli, à l’embouchure du fleuve Roya, Albintemellium fut romaine, lombarde, carolingienne, vassale des comtes de Savoie, possession angevine et enfin fief de la République de Gênes. Le comté, au 10ème siècle, s’étendait depuis le Mont Agel surplombant la principauté de Monaco jusqu’au Cap Noir (actuelle San Remo).

A l’abri de ses hautes murailles génoises du XVI° siècle, hors des circuits touristiques, dans la pénombre des ruelles étroites, elle offre un havre de paix et de sérénité propice à la découverte des remarquables vestiges des civilisations successives. La magnifique cathédrale se signale par la pureté de ses lignes romanes, en réplique à l’architecture épurée de l’église Saint-Michel.

Dédiée à l’Assomption de la Vierge et au patron de la ville, San Secondo, la cathédrale fut construite aux XI° et XII° siècles sur les fondations d’une ancienne église carolingienne du VIII° siècle. Les vestiges de ce sanctuaire ancien sont visibles dans la crypte remarquablement conservée. Le portail roman, d’une grande pureté, donne accès à une vaste et lumineuse nef centrale dont l’appareillage noble d’une grande rigueur incite au recueillement.

Le remarquable baptistère de plan octogonal fut bâti au XI° siècle sur une terrasse au niveau de l’église ancienne, accolé au chevet. La vasque centrale, flanquée de deux niches semi-circulaires réservées aux célébrants, est appareillée en belle pierre de La Turbie et date du XIII° siècle. A la suite d’une donation de 1595, la coupole « en ombrelle » ornées de fresques dont subsistent des fragments, fut ouverte pour permettre la construction du pavement de la chapelle supérieure du Saint Sacrement.

Les oratoires de pénitents ornés de fresques, les édifices du temps des seigneurs Lascaris, les venelles fraîches donnant accès aux quatre portes : de Nice, de Piémont, Neuve et Marine et les jardins suspendus composent un décor suranné où le temps semble s’être arrêté. De l’autre côté du fleuve, les ruines romaines évoquent la cité antique des Latins, bordant la voie Julienne.

 

La route vers Vallebona (la bonne vallée) traverse les champs étagés des cultures florales et conduit à la petite cité moyenâgeuse aux maisons de caractère entourées de vieux murs de défense.

Après un copieux déjeuner, composés de plats typiques « en cascade », dans la tradition culinaire ligure, les participants ont découvert la petite cité close, possession du comté de Vintimille. Elle a gardé intacte sa structure médiévale, son palais civique, ses placettes, ses ruelles pentues, ses maisons de caractère et sa superbe paroissiale au portail d’ardoise sculpté dédiée à Saint-Laurent. Ici séjourna et œuvra le grand astronome Jean Dominique Cassini qui devint le premier directeur de l’Observatoire de Paris sous le Roi Soleil. On peut encore y voir, au sol, les traces de ses recherches sur l’axe reliant l’ensemble des points situés sur une ligne imaginaire reliant pôle Nord et pôle Sud (il est l’auteur de la plus grande méridienne du monde, tracée au sol de la cathédrale de Bologne). L’emplacement d’un foyer de pierre rond rappelle sa fonction de phare à feu ouvert pour guider les navires la nuit. La fumée jouait le même rôle le jour et servait aussi à communiquer.

Les participants sont rentrés, en fin de journée, séduits par cette visite insolite de proximité et la tête remplie d’images.

 

ANTIBES 13 JUIN 2019

Souvenirs d’Arménie

 

"Un regard impérieux et plein de bonté, à la profondeur insondable"

 Réunis pour un périple du 15 au 23 mai 2018, nous avons découvert avec quelques amis  les mille visages d’un pays fascinant, riche en temps forts et en émotions. Des ruines de la cité ourartéenne de Zvartnots jusqu’au monastère de Sourp Ghégard (la Sainte-Lance qui perça le flanc du Christ), un deshauts lieux de la spiritualité, nous avons traversél’univers minéral des hauts plateaux arides, où les vallées profondes déchirent le sol de leurs cicatrices béantes et où les crêtes rocheuses acérées, en équilibre sur les versants vertigineux, éventrent le ciel.

Nous avons aussi découvert un peuple écartelé entre deuil et renaissance. Un peuple qui s’accroche à son histoire vieille de 3000 ans et à une terre minuscule et improbable perdue au milieu du Caucase.

 

Chère au cœur des arméniens, Erevan fut fondée huit siècles avant Jésus-Christ sur les ruines de la cité ourartéenne d’Erebouni. Elle est ainsila plus vieille cité au monde ayant pu documenter la date de son établissement. Yerevants : c’est apparu (cela s’est accompli) !  C’est en prononçant ce mot que Noé aurait pris pied sur la terre du Mont Ararat au troisième jour après la fin du Déluge,

Avec la cathédrale d’Etchmiadzine, siège de l’Eglise apostolique arménienne, une des premières églises chrétiennes au monde, le musée mémorial du génocide arménien constitue le premier temps fort du voyage et nous rappelle que ce pays est plus une identité qu’une entité géographique. Avant que n’ait été perpétré ce crime contre l’humanité, combien de peuples tentèrent de réduire cette nation ? Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Arabes, Seldjoukides, Ottomans et Russes ne purent jamais occulter la volonté opiniâtre de ces gens de préserver contre vents et marées leur culture et leur religion.

Ici le vent de l’Histoire raconte la mémoire occultée, la dispersion, l’exil, les structures détruites et les guerres perdues. Le mot « immuable » semble banni de ce sol, ou ne pourrait qualifier que cette volonté farouche d’exister, avec la douloureuse conscience qu’il n’y a pas dans les guerres d’autre vainqueur que la mort. Confronté à cette extraordinaire volonté de survivre, ces mots de l’écrivain William Saroyan me sont revenus en mémoire ; « Envoyez-les dans le désert. Laissez-les sans pain ni eau. Brûlez leurs maisons et leurs églises. Voyez alors s’ils ne riront pas de nouveau. Car il suffirait que deux d’entre eux se rencontrent, n’importe où dans le monde, pour qu’ils créent une nouvelle Arménie. » Arménie éternelle !

 

Le deuxième temps fort du voyage fut le récital de piano préparé avec la pianiste virtuose Arminé Soghomonian qui nous enchanta avec ses interprétations magistrales de Komitas, Chopin, Katchaturian et Rachmaninoff. Une très grande artiste rencontrée grâce à Dominique Genin, organisatrice d’un concert à quatre mains, dans la chapelle Saint Barthélémy de Montauroux, où Arminé s’était produite avec sa sœur Anaït, autre pianiste virtuose. Un autre grand moment d’émotion qui rappela que la musique est un art majeur, source de rassemblement collectif et de partage.

"le monastère de Tatev, nid d’aigle d’une beauté à couper le souffle à plus de 1500 mètres d’altitude"

Depuis la vallée fertile au pied du Mont Ararat jusqu’au lac Sevan, par des routes qui flirtent avec le ciel,  s’enchaînent les vues de cartes postales : les vignobles et les riches vergers où domine l’abricotier, les caravansérails imposants, les stèles médiévales de pierre rouge appelées « khatchkars », les églises érigées ou excavées de l’âge d’Or, les stupéfiants monastères et la symphonie minérale des ensembles mégalithique de pierres dressées de Zorats Karer !

Au monastère de Tatev, nid d’aigle d’une beauté à couper le souffle à plus de 1500 mètres d’altitude, prend place le troisième temps fort de ce voyage. Le paysage de montagnes verdoyantes parfois couvertes de neige est somptueux. Autrefois difficilement accessible, on y arrive aujourd’hui par le plus long téléphérique bi-câble du monde ! Le murmure des sources dans les gorges sauvages souligne le silence et la sérénité du lieu.

A notre arrivée, dans l’abside de l’église, un buisson ardent de cierges brasillait dans la pénombre, lourde des voiles épais de l’encens. Venu du ciel de l’autel, le rai lumineux qui la traversait me fit penser à ce rite antique des fumigations odoriférantes pour flatter les narines des dieux par les effluves traversant la fumée : per fumum, l’origine latine du mot parfum.

Dans l’obscurité, derrière la barrière du chœur, se tenait une silhouette noire coiffée du saghavart, dont la barbe encadrait un visage grave mais juvénile dans lequel brillaient deux aigues marines : les yeux du père Michel, le prêtre qui avait choisi de se consacrer à ce monastère. Et d’y vivre.

Un regard impérieux et plein de bonté, à la profondeur insondable. Un regard de passeur qui avait la couleur des profondeurs marine et du rai de lumière bleue traversant l’espace.

J’ai pensé à l’Annonciation du Prado, de Fra Angelico, dans laquelle l’éclair de lumière qui inonde la Vierge jaillit de la main de Dieu et irradie l’espace.

J’ai pensé à la volonté de ce peuple, à la force irrépressible de son attachement à sa foi.

J’ai pensé que pour que ce pays ne soit pas la sépulture de la mémoire, il fallait maintenant écrire son histoire. La vraie, celle qui écarte les mensonges de la raison d’état et le seul récit des vainqueurs.

 

Gérard Saccoccini

 

(les photos sont de Dominique Genin)

 

Anaït Soghomonian se produira en concert à Montauroux le 1er septembre 2018.

Un très beau livre : Erevan – Gilbert Sinoué – Flammarion (2009)

Un film d’archives : Mayrig d’Henri Verneuil (Achod Malakian) - 1991

https://gloria.tv/video/72qgyM1veEhL2NFz9Zh8WkTyq

 

Zvartnots

Cathédrale d'Etchmiadzine

Erevan et le Mont Ararat

Erebouni

Musée Mémorial du Génocide Arménien

Lac Sevan

"khatchkars"

Zorats Karer

PIGNA & DOLCEACQUA

 

Tourrettes-Héritage a organisé une journée découverte en Italie

Samedi 27 janvier 2018

Trajet autoroutier vers la vallée de la Nervia.

Route vers Pigna, bourgade médiévale de la haute vallée de la Nervia.

Promenade dans la vieille ville aux ruelles pittoresques vers la Chapelle San Bernardo qui  abrite un cycle grandiose de fresques réalisées en 1482 par Canavesio sur le thème de la Passion du Christ et du Jugement Dernier.

La visite se poursuit par l'église paroissiale Saint Michel (XVème) , sa rosace aux superbes vitraux, sa nef supportée par des colonnes de pierre noire et un splendide polyptique à 36 tableaux de Canavesio.

Sur le retour, arrêt à Dolceacqua, village ligure traditionnel, dominé par le château des Doria dont les quartiers de chaque rive de la Nervia sont rattachées par un pont en dos d'âne franchissant le torrent d'un seul arc de 33 mètres dont Claude Monets'est émerveillé. Passage dans le dédale des "caruggi", ruelles sous voûtes et "rues obscures". L'excursion se termine par l'église Saint Antoine abritant le polyptyque de Sainte Dévote, patronne de la Principauté de Monaco, par Louis Brea(1515).

À LA DÉCOUVERTE DU VILLAGE DES PÉNITENTS : CERIANA

 

L'Association Tourrettes-Héritage avec Gérard SACCOCCINI 21 Octobre 2017

Habitée par des populations celto-ligures, la bourgade remonte à la période romaine du I° s.av. JC. Le site de l'oppidum fut occupé par la gens familiaris des Celii qui semblent être à l'origine du nom de la petite cité. Incorporée au domaine des comtes de Vintimille, elle fut rattachée en 1359 à la République de Gênes. Dans les ruelles tottueuses et étroites (caruggi) et les calades en escaliers, le temps s'est arrêté sur l'image immuable d'un lointain Moyen-Âge.

Les nombreuses chapelles rappellent la mission caritative importante qu'exerçaient les quatre confréries dans la société du Moyen-Âge.

Oratoire Sainte Marthe, confrérie des Pénitents Verts sous le patronage de la Sainte qui évangélisa Tarascon (nombreux reliquaires, objets de dévotion et d'art sacré)

Chapelle de la Visitation, siège des Pénitents Bleus, placés sous le patronage de la Vierge et de Sainte Élisabeth.

Tour de Saint André et chapelle de la Vierge de Douleur patronne de la confrérie des Pénitents Noirs, sur les vestiges d'un temple païen.

Église du Saint Esprit , ancienne paroisse Saint Pierre datant de 1513, ancienne structure romane des XI° et XII° s.

La Porte du Castrum Coelianae, conduit à l'oratoire Sainte Catherine, siège de la confrérie des Pénitents Rouges (lanternes de procession, chaises de prieur, stalles, urnes de vote et croix de procession)

Église paroissiale St.Pierre et St. Paul, du XVIII° s. (belle façade baroque, polyptyque de St. Pierre en chaire daté de 1526, Vierge du XIII° S., précieux autel en bois de tilleul sculpté dans la sacristie et curieuse horloge d'intérieur à eau, prototype de la monumentale horloge du Pincio à Rome).


LA PETITE RUSSIE DE NICE AVEC GÉRARD SACCOCCINI