NOËL PROVENÇAL

 AGNÈS ET ANDRÉ CARLEVAN

TAPISSERIE D'ART

 

  SALLE DES EXPOSITIONS DE TOURRETTES 3 AU 11 SEPTEMBRE

"Autrefois, la tapisserie était un élément incontournabłe dans la décoration des riches demeures. De nos jours, elle est adoptée par tous ceux qui désirent donner a leur intérieur une atmosphčre chaude et reposante.

 

Les tapisseries les plus précieuses sont celles exécutées a la main. Dès le début du tissage, l'artiste doit imaginer l'oeuvre finie car ensuite plus aucune modification n'est possible. C'est pour cela que les trente premiers centimétres sont essentiels car deux dépendent la forme et l'harmonie des couleurs de l'ensemble final.

 

Le thème principal des oeuvres de Józef Jakubczyk est la Nature. Ses tissages sont trčs réalistes et on les assimile souvent à de véritables tableaux tissés. On peut y trouver de l'art abstrait mais surtout des paysages, des fleurs, des animaux, des oiseaux, et des papillons.

 

L'artiste utilise de la laine de mouton pour réaliser ses tapisseries. Leur création est un travail absorbant qui demande une grande concentration d'esprit et la réalisation de certaines d'entre elles nécessite souvent plusieurs mois. Un tissage peut comporter jusqu'à plusieurs milliers de fils de couleurs différentes chaque fil y a sa place et y joue un rôle précis.

 

De telles oeuvres naturelles sont alors en mesure de donner aux intérieurs les plus froids une ambiance chaleureuse et unique."

« ANDRE GILL L’IMPERTINENT »

Jacques MIREUR

Du 30 juillet au 14 août 2016 - Salle des Expositions de Tourrettes

 

Préparée par Jacques Mireur, l’exposition présente un remarquable panorama de l’œuvre de ce peintre, dessinateur, caricaturiste et écrivain, de son vrai nom Louis Alexandre Gosset de Guines.

Il vient au monde le 17 octobre 1840 à la maternité de Port Royal et sera élevé par son grand-père après la disparition de son père, le comte de Guines mort très jeune, puis de celle de sa mère, jeune couturière non mariée.

Bel homme au physique avenant, il est stagiaire dans un cabinet d’architecte, dessine sur étoffe et collabore parfois au « Mercure Galant » et à la « Revue pour Tous ». Dessinateur plein de talent, il choisit le pseudonyme de Gill et participe à des revues satiriques, dont « l’Eclipse », stigmatisant les conservatismes et les contrastes choquants d’une société française issue du gouvernement de Napoléon III, révoltée par la politique d’Adolphe Thiers et portant les ferments de la Commune dont il sera un témoin exceptionnel, mettant son crayon au service de la lutte sociale.

Ami de Jules Vallès qui écrit dans le journal « le Cri du Peuple » : « Fils des désespérés, tu seras un homme libre », il sera le d’Artagnan du crayon pour accompagner de son trait acéré les violentes charges des hommes politiques.

Il y apportera une ampleur, une puissance, rares chez les caricaturistes : Victor Hugo et Thiers en sont les témoins irrécusables.

Caricaturée sous l’allégorie de « Madame Anastasie », la censure fut pour lui une véritable obsession, tant sous l’empire, où le journal « l’Eclipse » fut saisi 22 fois, que sous la République qui ne se privera pas de l’appliquer jusqu’en 1881 ! Comme le rappelle Claude Chanaud : « … la censure politique est un fait récurrent de l’histoire des hommes quand elle hésite entre le dirigisme feutré et la main de fer des totalitaires. ».

Ses premiers dessins furent publiés en 1859, dans « Le Journal Amusant », « Le Hanneton », « La Rue » de Jules Vallès, « Le Charivari », « La Lune » en 1866, « L’Eclipse » en 1868. La même année, il fonde « Gill-Revue », suivie de « La Parodie » (1869-1870), « La Lune Rousse » en 1876, « Les Hommes d’aujourd’hui » en 1878, « La Petite Lune » (1878-1879) et « L’Esclave ivre » en 1881.

Extrêmement prolifique, il dessine sans relâche et certaines des caricatures sont restées célèbres, visant les hommes de son temps, amis ou cibles désignées : Léon Gambetta, Richard Wagner, Alexandre Dumas père, Georges Bizet, Victor Hugo, Charles Dickens, Jules Verne, Adolphe Thiers

André Gill représente toute l’histoire du journalisme illustré de la fin du Second Empire et du début de la III° République.

L’anecdote du « Lapin Agile » illustre bien la vivacité de son esprit et l’extraordinaire faculté de réaction qui accompagnait l’immédiateté de son analyse. Sur un mur du cabaret montmartrois des Assassins où avait « erré » son pinceau, un client avait écrit : « Là peint A.Gill. », phrase qu’il illustra aussitôt en peignant un malicieux « LAPIN AGILE » s’échappant d’une casserole. Ce calembour en image devint alors l’enseigne qui désigne aujourd’hui encore ce cabaret.

La fin de son existence fut dramatique. En proie à une profonde déréliction, il sombra dans un désespoir qui le mena à la folie. Jules Vallès alla le chercher à Bruxelles pour le ramener à Paris où il finit tristement sa vie, le 1er mai 1885, dans un pavillon délabré de l’asile de Charenton où il avait été admis grâce à une souscription publique organisée par le poète Emile Cohl.

Inhumé au cimetière du Père-Lachaise, il repose sous un buste réalisé par Laure Coutan.

JEANNE B

"L'EAU DES COLLINES DE TOURRETTES"

Patrick SABRE

 

du 4 au 12 juin 2016  - Salle des Expositions de Tourrettes 

L’eau source de vie mais aussi source de destruction depuis le Déluge, l’eau source de socialisation mais aussi source de conflits pour la posséder, la conquête de l’eau est une épopée millénaire qui cultive les paradoxes.

Les plateaux du Haut-Var, dominent un piémont incroyablement riche en eau qui, grâce à un système vauclusien, accumule des réserves considérables de ce précieux liquide. Les lacs souterrains, alimentés par un capricieux réseau de rivières invisibles, plus nombreuses que celles du réseau hydraulique de surface, génèrent quantité de résurgences bénéfiques, au pied du massif karstique. Réparties le long de l’ancienne « route royale » menant d’Aix en Provence à Grasse, de nombreuses communes du Centre Var en ont tiré profit pour développer les activités humaines.

A une époque où les fontaines publiques, les lavoirs et les moulins étaient des lieux de vie, l’eau des collines de Tourrettes a joué ce rôle primordial que présente l’exposition et les magnifiques photos d’art de Patrick SABRE nous transportent dans l’univers onirique des reflets et des transparences magiques des fontaines du Var.

Les photographies de Patrick Sabre, photographe résidant à Peymeinade, sont le reflet d'un instant de vie avec des jeux de formes immobiles, tremblantes et colorées selon les mouvements de l'eau, la couleur du ciel et la lumière du jour.
Cet autodidacte de la photographie ne cherche plus à trouver la réalité dans le reflet, il la transfigure.
Il sait attendre le frémissement du vent qui va donner sur une fontaine, un étang, un fleuve, un lac, un bord de mer, une image qui mélange les formes et les couleurs.
Se dégage alors le flot d’une vérité qui nous échappe, le tout dans une fluidité apaisante de l’image.
Chaque photo est unique : le vent, la période de l’année, autant de facteurs d’influence qui, d’un même point de vue, donnent naissance à autant de photographies sans comparaisons les unes avec les autres.
L’important n’est plus la réalité qui se cache au travers de l’eau mais la représentation qu’elle dégage... dans la veine du courant impressionniste qui s'évertuait à exprimer les impressions que suscitent les objets et la lumière, afin de mettre en valeur les nuances de chaque sentiment.
Patrick Sabre sait voir là où nous ne regardons pas. Après, on ne verra plus les fontaines, les étangs, les fleuves, les canaux et la mer de la même façon.

LE COSTUME PROVENÇAL

 

Images de l'Exposition (7/25 avril 2016)

d'Agnés et André Carlevan