Conférence de Michèle Bus-Caporali 

au 8° Festival de Choralliance 

Tourrettes, le 12mai 2018

 

Les pouvoirs de la musique

 

 

 

 

 Devant la musique, peu importe qui on est, homme ou femme, jeune ou âgé, on est l’être qui s’y évade pour s’y immerger, et qui communie avec tous ceux qui en ressentent les émotions.

 

 En premier lieu, le monde musical fait donc une offre inouïe lorsqu’on y pénètre, celle de se libérer des contingences de tous les jours. Ce qui est fabuleux !

 

Pour ressentir les émotions que la musique engendre, il s’agit d’être ouvert, sincèrement.

 

               Afin de concrétiser mes propos, je les ai fait vivre par des personnages mis en situation dans des livres.

 

Dans « Les Orgues de la République » (Editions Delatour), au sein de la basilique de Saint Maximin, deux chanteurs sont placés, chacun à son époque, strictement au même endroit. De là, chacun se livre aux résonances particulières du lieu. A la même heure du jour, ils entrent dans la même partition, avec des sentiments semblables... et on ne sait plus qui chante ! A travers les siècles, bien qu’ils aient été de sexe et d’âge différents, la rencontre s’est produite dans l’interprétation. Ni l’un, ni l’autre ne se préoccupe plus de faire connaître qui il est. Et peu importe dans quelle période de l’histoire du pays on se situe. L’âme d’un chanteur, quel qu’il soit, exprime les sentiments du rôle. La rencontre s’est produite dans l’interprétation.

 

             Cette fusion onirique est le privilège du roman, mais elle symbolise ce qui se produit au niveau de l’affect en poursuivant le même but, le même objet musical.

 

              Car c’est vers lui qu’il faut se guider. Il est offert à la liberté de ceux qui se l’approprient pour le refaçonner, le reconcevoir aux couleurs de leur âme et le transmettre, afin de traduire exactement leurs sentiments.

 

On se laisse volontiers prendre au jeu dans un livre où, finalement, le personnage principal est la musique.

 

 Après Les Orgues de la République, dans « Androgyne », le héros est volontairement mal défini. Il résulte de la fusion entre les deux acteurs précédents. C’est un éphèbe au cœur de fille. Il va se plonger dans le chant ou la danse pour exprimer des émotions qui peuvent appartenir à tous, quelle que soit leur identité. L’aventure qui est relatée dans ce volume consiste à ce que d’un événement musical à un autre (qui se sont réellement produits au cours de l’histoire dans la ville de Marseille), le héros va s’immerger complètement dans la situation. Cela lui permettra de côtoyer de grands artistes et de ramasser avec bonheur quelques miettes de leur talent.  Même en simple auditeur, le jeune acteur du livre est dans la musique, et il s’envole versceux qui l’ont composée ou interprétée à l’origine. 

 

Ce parcours est symbolique, car la musique peut vous transporter.

 

C’est aussi un parcours onirique, car la musique fait rêver ceux qui y pénètrent et se laissent pénétrer par elle. Imbibé de sons, on peut prendre son envol avec les ondes sonores, occuper tout l’espace qu’elles investissent, trouver d’autres dimensions que celles du quotidien. En se répercutant avec elles sur les limites de l’enceinte, on reprendra pied dans une réalité magnifiée, dotée d’une profondeur nouvellement accessible.

 

Les émotions, qui auront surgi ou resurgi en nous, auront réveillé ou fait vivre des facultés en latence, endormies.

 

C’est ainsi, avec ce pouvoir, qu’on peut lutter contre les effets du vieillissement au niveau cérébral par la pratique de la Musicothérapie qui tend à faire fonctionner à plein régime les circuits nerveux, et à faire céder les blocages intérieurs grâce à la concentration portée sur la musique.

 

On peut aussi combattre des douleurs en rapport avec le mental, telles que les dorsalgies, grâce à la psychophonie. Cette autre pratique utilise la résonance des ondes sonores sur tout le corps pour le réaccorder en supprimant les dissonances qui l’affectent par l’intermédiaire des tensions internes ou des conflits relationnels.

 

Mais il faut signaler surtout le pouvoir direct de la musique sur le stress : la musique écoutée réduit de 61% le taux de stress. De plus, si on lit en même temps sa partition pour chanter, on ajoute les pouvoirs décontractants de la lecture.

 

Enfin, le pouvoir de résilience évoqué d’après un témoignage véridique dans La part du feu (Editions Symétrie), est un de ceux qu’induit la musique. Avec un retour vers l’origine, on fait appel aux potentialités qu’on avait au départ, pour pouvoir reprendre la route.

 

On peut s’en remettre à la musique pour exister ou ré-exister, à travers les sentiments qu’elle fait naître ou renaître en nous

 

Mais tout doit commencer par un acte de courage. Il faut se sortir de soi-même pour s’enrichir de toutes les autres existences et découvrir de nouvelles joies.

 

Dans l’univers impalpable des sons, tout est malléable. Tout est possible. Invisible mais réel. Intangible mais perceptible.

 

               Qu’on l’écoute ou qu’on y participe, on ressort différent d’un concert réussi !

  CONFERENCES A TOURRETTES

CYCLE 2018-2019

Octobre, Novembre, Décembre 2018

Les Mercredis, 18 h 00, Salle des Romarins

 

10  Octobre  2018

Christel Leleu-Ferro

Atelier Figures Vives à Tourrettes

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

REGARDS CROISES.

LA TRANSGRESSION MODIGLIANI

Dela sculpture au dessin et à la peinture, entre réalisme et expressionnisme, le parcours atypique du figuratifau… figuratif dévoile les pistes formelles d’un artiste maudit.

17  Octobre  2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

LES FRESQUES DE LA CHAPELLE BRANCACCI

A Florence, un jeune peintre inspiré, dessine l’aridité des collines toscanes et peuple la campagne de saints graves, aux visages rudes et burinés de paysans dépourvus de visions mystiques. Le génie de Masaccio construit «l’univers humainement habitable» dans l’espace perspectifdéfini par Filippo Brunelleschi, « l’architecte roi du monde ».

14 Novembre  2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

LE STATUT DE LA FEMME AU MOYEN-AGE

Dès le 11ème s. un modèle social nouveau voit le jour, alors que la population est majoritairement rurale. Dans cette société évolutive, il est difficile d’appréhender le statut, la place et le rôle des femmes car leur histoire a été écrite par des hommes et les informations les concernant sont fragmentaires et différentes selon le pays, le milieu et le lieu de vie.

21 Novembre 2018

Charles Tinelli

Conférencier en histoire de l’Art et des Sociétés, professeur de Littérature.

LE XVIII° SIECLE ET L’AMOUR

Si le sentiment prend une place de plus en plus importante au Siècle des Lumières, une certaine littérature, l’érotisme et le divorce par consentement mutuel témoignent d’un changement de société par le triomphe de l’insolence des intrigues libertines cyniques de Laclos et le subversif Figaro de Beaumarchais, grand pourfendeur de privilèges.

05 Décembre  2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

VAN GOGH. INQUIETUDE ET TENSION.

OU L’IRREALISME ET LA VIOLENCE DES COULEURS

Amoureux éperdu du jeu des couleurs, de leur valeur symbolique, de leur puissance émotive, sa peinture n’est qu’une réaction du cœur, brutale comme une pulsion.

19 Décembre 2018

Gérard Saccoccini

Conférencier en histoire de l’Art

GAUGUIN, L’INTERPRETATION DE L’IDEE

OU LE NOUVEL EVANGILE DE LA PEINTURE

L’œuvre imparti par les temps nouveaux était de rétablir la filiation originelle qui fait que de l’art classique le Symbolisme a appris la nécessité de soumettre la forme au contrôle de la raison.